Dossier - MOBILITE - BYOD / consumérisation de l'IT : nouveau défi pour la DSI

Etroitement lié au développement de la mobilité et à l’explosion des smartphones et tablettes, le BYOD (Bring Your Own Device - en français : Apportez votre propre appareil) est une tendance de fond que les entreprises vont nécessairement devoir prendre en compte à plus ou moins court terme : plus que n'importe quelle autre tendance,  le phénomène de consumérisation  de l’IT qu’il entraîne va bousculer en profondeur, dans les dix ans à venir, les systèmes d'information des entreprises.  
Cependant, laisser tout salarié accéder au système informationnel de l’entreprise avec son propre appareil mobile n’est pas sans poser un certain nombre de problèmes, notamment au plan sécuritaire. Aussi le phénomène BYOD doit-il être rigoureusement encadré pour contrôler l’intrusion dans le SI d’éléments étrangers.
Le BYOD et la consumérisation du SI constituent donc un nouveau défi pour la DSI. Ce dossier de recherche analyse les points critiques d’un projet BYOD  et propose une méthodologie et des recommandations pour le réussir et que le BYOD tienne ses promesses de productivité et de satisfaction utilisateurs.

UNE TENDANCE DE FOND IRREVERSIBLE
Buzz médiatique il y a encore quelques mois, le BYOD est en train de devenir un vrai sujet de préoccupation pour les entreprises. Le BYOD (Bring Your Own Device) et sa variante BYOA (Bring Your Own Application) font en effet couler beaucoup d'encre et de multiples études sont consacrées à ce phénomène inédit, dont l'évolution est à la fois rapide et profonde.

Rappelons les définitions de ces termes : le BYOD consiste pour un salarié à utiliser son propre terminal mobile (smartphone ou tablette) pour accéder au système d'information de l'entreprise. Le BYOA se définit comme l'emploi d'applications choisies par l'utilisateur (et non par l'entreprise et sans l'accord de la DSI) pour effectuer des travaux professionnels. Le BYOx, du fait même qu'il introduit des éléments étrangers au système d'information et non contrôlés par lui, peut être donc vu (et l'est de fait encore dans une majorité d'organisations) comme une menace pour l'entreprise et pour l'intégrité de son patrimoine informationnel.

Le BYOD est cependant en train de s'imposer comme une tendance de fond, et ceci pour deux raisons :
•    L'explosion des appareils mobiles est en train de restructurer le marché IT. En 2011, il s'est vendu plus de smartphones que de PC : toutes les études de marché sont d'accord sur ce point. Comparons avec la situation d'il y a trois ans : en 2008, le marché enregistrait 140 millions de smartphones vendus dans le monde, contre deux fois plus de PC. En 2011, il s'est vendu 450 millions de smartphones et seulement 400 millions de PC. Si la tendance se poursuit, en 2013, le nombre d'utilisateurs connectés à Internet depuis un smartphone dépassera celui des utilisateurs connectés depuis un PC. De nombreux analystes prédisent la fin du monopole du PC comme outil d'accès à l'information professionnelle.
•    La deuxième raison est d'ordre culturel : c'est le phénomène que l'on appelle la "consumérisation" de l'IT. Les frontières entre le monde professionnel et le la vie personnelle deviennent de plus en plus floues. Depuis plusieurs années, l'innovation technologique bénéficiant surtout à l'informatique personnelle, Monsieur Tout-le-monde s'est habitué à disposer  pour son usage privé d'outils aussi puissants, voire plus puissants (intégrant généralement les dernières innovations) que ceux mis à sa disposition par son entreprise. La prolifération  des usages informatiques dans la sphère privée est en train de convertir l'utilisateur individuel, de plus en plus exigeant, en force de prescription pour le choix de ses outils IT dans l'entreprise.

Pour toutes ces raisons,  nous pensons que ce phénomène de BYOD et de consumérisation de l’informatique va,  plus que n'importe quelle autre tendance, bousculer en profondeur, dans les dix ans à venir, les systèmes d'information des entreprises.

ETAT DE LA DEMANDE
Quelques éclairages

Le phénomène est encore émergeant aujourd'hui et il est difficile de se faire une idée juste de sa pénétration  dans les entreprises. De nombreuses études sont cependant parues sur le sujet, qui apportent chacune un éclairage sur la réalité du marché et de ses tendances.

Voici quelques-unes des tendances observées autour du BYOD :
•    La France entre engagement et méfiance.  D'après l'Idate, 45% des actifs française utilisent leur smartphone personnel au travail. Une étude conduite par Vanson Bourne Omnibus pour Ping Identity réalisée auprès de 200 personnes en France et au Royaume-Uni nuance le propos :  26% des employés en France auraient déjà accès à des applications métier via leur appareil mobile, mais seraient 43% à estimer qu'ils pourraient le faire. En réalité, il existe en France un paradoxe : les entreprises françaises investissent beaucoup sur la mobilité (plus qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne),  mais restent très méfiantes sur le BYOD. Selon une étude Forrester réalisée pour le compte d'Unisys, 66% des employés français utiliseraient des appareils et applications personnels mais seulement 25% de patrons approuveraient cette tendance. La France semble accuser un certain retard par rapport à d’autres pays. Selon une étude Avanade réalisée en septembre 2012 auprès de 600 cadres dirigeants dans 19 pays, 43% des entreprises françaises indiquent que la majorité de leurs employés utilisent un appareil personnel sur leur lieu de travail, contre 61% au niveau mondial.

•    Les utilisateurs : plutôt des managers.  Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce ne sont pas les jeunes employés de la génération Y qui poussent le plus le BYOD, mais plutôt les VIP, les managers et les dirigeants. Selon une étude signée Easynet Global Services (menée auprès de 182 PDG et DSI dans divers pays européens), l'introduction d'appareils mobiles sur le lieu de travail serait le fait de dirigeants (41%) plus que de simples employés (28%).

•    Emploi effectif du smartphone pour des tâches basiques. Environ 50% des entreprises affirment que leurs collaborateurs utilisent déjà un smartphone pour des tâches telles que la lecture des e-mails, la consultation de documents en ligne et la gestion de leur calendrier (source : Avanade).

•    Les commerciaux, principaux candidats au BYOD. Parce qu'ils sont souvent nomades, les commerciaux constituent la  population  où le taux de pénétration du BYOD serait le plus élevé, entre 15% et 20%, selon le cabinet Markess.

•    Financement partagé. Selon ce même cabinet, dans 10% des cas, les tablettes et smartphones utilisés  sont financés par les salariés eux-mêmes et pour 9%, l'entreprise participe financièrement, même si les terminaux sont la possession des salariés.

•    La naissance de "l'iWorker". Né dans la la mouvance du BYOD et de la mobilité, le terme de iWorker désigne une nouvelle population de cadres mobiles et connectés, technophiles, volontaristes, utilisant des produits grand public à des fins professionnelles afin disent-ils de  pallier les lacunes ou défaillances du SI leur entreprise. Ils sont persuadés d'agir ainsi pour renforcer leur productivité, donc au profit de leur entreprise. Ils sont prêts à financer leur outil de travail. Ils vont jusqu’à braver les interdictions d'accès au SI émanant de la DSI. LifeSize, un spécialiste de la collaboration vidéo, distingue  trois profils d'utilisateurs face au BYOD : le "geek", pionnier et stimulateur, accro aux dernières nouveautés technologiques, l'"insouciant", qui ignore les problèmes de contrôle et de sécurité, et le "conservateur", prudent et attaché aux anciennes habitudes de travail.
 (…)

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SOMMAIRE
UNE TENDANCE DE FOND IRREVERSIBLE
ETAT DE LA DEMANDE
L'ETUDE DE MARCHE PENTEO : LA PERCEPTION DES ENTREPRISES
LES DEFIS POUR LA DSI
MISE EN PLACE D’UN PROJET BYOD
RECOMMANDATIONS    

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