EDITO - 2017 : plus d'argent pour le "Fast IT", l'intelligence et la sécurité

Selon nos estimations, le budget informatique des grandes entreprises devrait augmenter en moyenne de 3% par an au cours des prochaines années, mais cette augmentation ne se fera pas uniformément dans tous les segments. Les dépenses consacrées à la « Legacy IT », qui représentent somme toute 70% du budget informatique total, diminueront annuellement de 5% en moyenne. Parallèlement, les dépenses consacrées à la « Fast IT », dont font partie le cloud computing, le big data, l’analytique, la mobilité, le digital, l’internet des objets et l’expérience client, vont croître de 25%.

Cela signifie que les fonds destinés aux applications et infrastructures traditionnelles, les « systems of records », sont transférés au profit notamment des « systems of engagement », plus tournés vers les clients et partenaires. Autrement dit, les DSI doivent réaliser des économies sur l’informatique existante afin de financer des projets ayant trait à la transformation numérique.

Dans ce contexte, il est aisé de comprendre pourquoi les services d’externalisation, comme la gestion d’applications, le « nearshoring » et « l’offshoring », ainsi que le cloud privé, continuent de faire l’objet d’une demande croissante. Ce sont autant de segments pour lesquels les fournisseurs promettent des économies substantielles, en ayant recours à l’automatisation, l’uniformisation et la modernisation de l’environnement informatique.

Ce dernier point est important, entre autres parce que les exigences imposées à l’environnement informatique en matière de flexibilité, d’intégrabilité avec le Cloud et les solutions numériques, de sécurité, de fiabilité et de disponibilité seront renforcées dans les années à venir.

Les ressources ainsi épargnées seront investies dans plusieurs domaines :

La transition vers le Cloud. C'est tout simplement la principale technologie qui rend possible presque toutes les innovations. On note également que les entreprises abandonnent peu à peu les réticences qu’elles nourrissaient depuis des années envers les clouds publics et hybrides. Elles apprécient de plus en plus les avantages de ce modèle d’exploitation qui leur assure un accès rapide et flexible à des infrastructures et applications hautement performantes. La concurrence s’intensifie dès lors pour le leader du marché AWS, avec l’arrivée de Microsoft (Azure), mais également d’IBM (SoftLayer, Bluemix), de Salesforce (Force.com), Google (Compute et App Engine) ou encore Orange (Cloudwatt) et T-Systems/Deutsche Telekom (OTC).  
     
 
Le recours au PaaS. Les plateformes « as a service » deviennent l’élément indispensable pour permettre aux entreprises de mener à bien leurs projets d’innovation. La raison est simple, mais importante : le PaaS leur donne accès à des services d’infrastructure et des plateformes de développement standardisées et immédiatement opérationnelles, mises à jour en continu pour prendre en compte les évolutions technologiques, avec en prime la possibilité d’améliorer ces services standard à l’aide de contenu additionnel sur mesure. De plus en plus de fournisseurs d’origines diverses entrent dans la mêlée : d’une part, les spécialistes du cloud que nous avons déjà mentionnés plus haut, et d’autre part les éditeurs traditionnels (comme SAP), les intégrateurs de systèmes (comme Accenture), mais aussi les entreprises IT qui se situent en dehors du secteur IT (comme Siemens ou GE).
     
La transformation numérique. Cette stratégie d'entreprise repose sur deux grands piliers technologiques, l'expérience client et l'Internet des Objets (IoT), qui demandent de développer et tester de nombreuses idées d'innovation. La maturité aidant, les entreprises prennent conscience de la nécessité d'intégrer ces innovations dans le cadre d'une stratégie long terme. Beaucoup d'entreprises n'avaient par exemple amélioré leur expérience client que de façon restreinte, en se contentant de rendre plus glamour leur interface client. Or l’objectif poursuivi ne peut être de créer des effets de surprise éphémères ni de proposer des projets déjà vus chez tous les concurrents. Il faut, au contraire, tenter de ravir le client de manière durable à chaque interaction. À cette fin, les entreprises doivent revoir leurs fondements ; en d’autres termes, elles doivent numériser leurs processus d’arrière-plan, faire évoluer la culture d’entreprise et moderniser leurs environnements de travail. Les collaborateurs doivent participer au changement et en être l’incarnation pour le monde extérieur, tirer les conclusions qui s’imposent des analyses de données et les mettre en œuvre au travers d’innovations. Cela exige bien sûr des environnements de travail modernes et centrés sur les utilisateurs.  
     
 
L’internet des objets (IoT). Une caractéristique essentielle de l’IoT est la place qui lui est dédiée au sein d’applications déterminées : des sujets tels que l’industrie 4.0, la voiture connectée, l’énergie intelligente ou l’e-santé ne peuvent plus être circonscrits à des branches d’activité individuelles. L’internet des objets bouleverse profondément les écosystèmes et la concurrence dans la quasi-totalité des secteurs.
La somme des expériences sur le terrain faisant appel à l’IoT reste jusqu’à présent relativement maigre. Les projets IoT sont souvent très coûteux et certains ne parviennent toujours pas à démontrer que l’IoT ouvrira la voie à des modèles économiques sérieux. Mais ils constituent un pilier essentiel de la stratégie numérique et ne devraient pas être menés de manière isolée. Bien des entreprises ont tendance à considérer le département informatique comme une entité interne séparée et se tiennent donc bien à l’écart des projets liés au numérique et à l’IoT. Ce faisant, elles ratent l’occasion de créer un environnement intégré parce que l’informatique existante rassemble énormément de connaissances et d’expériences, aussi bien sur le plan des processus d’entreprise que de l’accès et du traitement des informations propres à l’entreprise. Toutes les nouvelles solutions doivent être intégrées avec le back-office et mises en œuvre de manière efficace.
     
Le Big Data et l’analytique. L'exploitation des données constitue la base de tout projet IoT ou de transformation numérique. Il est ici essentiel de reconnaître des schémas récurrents en analysant de grandes quantités de données afin de pouvoir établir des prévisions et même des procédures d’exploitation automatisées (c’est-à-dire des services intelligents). Par conséquent, un écosystème distinct se développe autour du big data, composé de fournisseurs de plateformes Cloud, d’algorithmes et d’applications analytiques - bref, des fournisseurs de technologie de base. Mais pour que les entreprises utilisatrices soient réellement capables d’utiliser le big data et pour que l’analytique engendre de nouveaux services clients ainsi que le développement de produits et des modèles économiques nouveaux, ces entreprises ont besoin que leurs partenaires informatiques leur fournissent un savant mélange de technologies, de connaissances des processus et d’expertise sectorielle, sans oublier une capacité d’innovation distincte.  
     
 
La cyber-sécurité. Lorsque des pirates parviennent à paralyser des sites Web comme Twitter, Spotify, Box ou PayPal, les dégâts sont limités. Les conséquences peuvent s'avérer bien plus désastreuses si des attaques mènent à la prise de contrôle de voitures connectées, de machines ou de centrales électriques, ou si des extorqueurs utilisent un ransomware pour faire chanter des hôpitaux, des banques ou des compagnies d’assurances. Malheureusement, la sécurité absolue n’existe pas dans l’internet ouvert, parce que les pirates ne cessent d’affiner leurs compétences. C’est la raison pour laquelle nous nous attendons à un retour des réseaux privés dans le cadre d’utilisations individuelles - peut-être sous une nouvelle forme. La problématique de la sécurité informatique occupera donc grandement les DSI, en 2017 et dans les années suivantes.
     
Intelligence artificielle et automatisation. Les scénarios se multiplient, en rapport avec des systèmes autodidactes, la réalité augmentée (AR) et l’automatisation dans la quasi-totalité des secteurs et dans toutes les applications relatives à l’IoT. Les entreprises industrielles sont en train de tester des lunettes AR pour leurs activités de production et de maintenance, des systèmes d’assistance automatisés améliorent les voitures connectées et, dans le secteur de la santé, des médecins s’appuient sur des solutions basées sur le recueil de données pour établir leurs diagnostics.  

L’automatisation des opérations informatiques, à ne pas sous-estimer, est bien plus importante encore pour les DSI, qui ont pour tâche de mettre sur pied un environnement informatique efficace, car elle permet par exemple de fournir des solutions sophistiquées pour le help desk ou la gestion du cycle de vie des applications. Il est intéressant de jeter un œil sur les bonnes pratiques des fournisseurs de services d’exploitation, comme Atos, Capgemini, Infosys ou Wipro, car ils ont des raisons économiques de s’engager de manière intensive dans l’automatisation. Par le passé, les fournisseurs de services d’exploitation qui travaillaient déjà avec le Cloud et l’externalisation nearshore et offshore faisaient déjà partie des premiers utilisateurs de nouvelles technologies et de concepts qui contribuent à réduire les coûts des opérations informatiques.

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