EDITO - Les 23 principes d’Asilomar

Bouleversée par les progrès de l’intelligence artificielle, la vie de l’entreprise doit se structurer de plus en plus vite autour des nouvelles technologies.  Il s’agit d’identifier celles qui seront génératrices de croissance et celles qui faciliteront le travail des collaborateurs. L’incontournable transformation digitale des entreprises va ainsi continuer de se faire, puis elle passera bientôt le flambeau à une seconde étape cruciale : l’exploitation de technologies “assistantes” du quotidien. Des assistants virtuels qui répondent à l’écrit ou à la voix se créent chaque instant pour accompagner les collaborateurs dans leurs recherches de documentation, dans leurs formations ou pour extraire des données utiles à leur travail. Côté client et dans les stratégies marketing, les chatbots se multiplient et deviennent une opportunité de proposer un service avant ou après-vente en continu et de conclure des transactions ou de réaliser des prescriptions d’achats sans qu’il y ait besoin de l’intervention d’un tiers humain. Les programmes de ces robots conversationnels sont également agrémentés d’outils d’analyse fine permettant de retracer le parcours exact du consommateur et de définir ce qui a permis de finaliser l’achat ou au contraire, ce qui l’a stoppé avant son terme. De quoi optimiser le parcours client pour gagner encore plus de temps. De son côté, le secteur industriel mise sur le potentiel de développement de l’intelligence artificielle pour, d’après le croisement de données collectées via des capteurs, permettre aux machines d’indiquer seules lorsqu’elles se retrouvent en situation de maintenance ou lorsqu’il y a danger. De quoi cette fois réaliser des économies et garantir davantage de sécurité dans les processus. Encore du temps de gagné à prévenir plutôt qu’à guérir, en somme.

Les robots, générateurs de “temps libre”

Les robots pourraient donc devenir, à condition d’être optimistes et de garder un oeil sur les priorités, de formidables générateurs de “temps libre”, si programmés à nous rendre service avant tout. Pour éviter la dérive inquiétante de l’intelligence artificielle que des auteurs ont anticipée dans les romans de science-fiction, les chercheurs du monde entier se sont mis d’accord sur 23 principes destinés à canaliser le développement de celle-ci en la cantonnant à l’essentiel : être à notre service. Ce sont les 23 principes d’Asilomar, du nom de la conférence qui s’est tenue en janvier dans une ville au sud de San Francisco et qui définissent 23 pratiques, valeurs et éthique à conserver autour du développement de l’intelligence artificielle. Mais demain, lorsque l’on poursuivra la programmation d’algorithmes de reconnaissance faciale, capables de prédire ou de reconnaître les émotions humaines, lorsque l’on sera capable de déduire les intentions d’une personne d’après ses expressions ou lorsqu’un robot se mettra à parler comme un humain grâce aux progrès du langage naturel, on pensera avant tout potentiel d’usage et non pas limitations. Nous aurons continué tout ce temps à déposer nos documents, informations et souvenirs sur les plateformes numériques. Et nous nous serons habitués à remplacer des temps de recherche et de réflexion par une requête adressée à un robot. D’ici là, il y aura de nombreuses règles à coucher sur le papier pour dire si oui ou non, nous serons bientôt d’accord à force d’apprécier leur efficacité, de laisser notre libre-arbitre aux mains des machines.

Pour aller plus loin :

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE - Machine learning, bots, algorithmes - Quels usages & bénéfices en attendre - Dossier de recherche

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE - Une réalité en croissance accélérée

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