EDITO - Transformation numérique - Les défis des DSI en 2016

2016 sera une année consacrée à la transformation numérique. Il s’agira moins d’introduire des technologies de rupture ou de nouveaux thèmes que de mettre en œuvre, de façon pragmatique, les tendances et concepts apparus ces dernières années.

Pour PAC, la transformation numérique revêt deux aspects. Dans le domaine du marketing et des ventes, il s’agit de révolutionner l’expérience client. Dans les domaines plus techniques (l’industrie, les véhicules et autres objets connectés, la santé, les villes intelligentes, etc.), c’est l’Internet des objets qui émerge (IoT, Internet of things). Cette transformation s’appuie sur des technologies aujourd'hui matures dans les domaines de l’analytique et du Big Data, des médias sociaux, de la mobilité/connectivité ou encore du Cloud computing pour créer de nouveaux produits et services, mais aussi pour dynamiser les modèles d'affaires, les processus et les chaînes de valeur. Les pionniers comme Amazon, eBay, Booking.com, Uber ou Spotify ont mis les entreprises existantes (et leurs départements informatiques) sous pression, les ont forcées à repenser leurs modèles d'affaires.

L’IT devient de plus en plus important - mais la DSI (potentiellement) moins importante
Les départements informatiques pourraient redorer leur blason grâce à l’importance des technologies dans la transformation numérique. Souvent accusés d’être « trop mauvais, trop lents, trop chers », ils disposent d’une opportunité unique de reprendre l’avantage, en étant moteurs de cette transformation. Ils sont toutefois menacés par le changement de paradigme en cours vers le Cloud, qui leur fait à nouveau perdre de l’influence. Les DSI sont donc confrontés à la nécessité de devoir à la fois opérer comme un prestataire de services interne performant et soucieux des coûts et agir comme un catalyseur d’innovations pour le business. Afin de se dégager des marges de manœuvre suffisantes pour innover, les DSI ont deux leviers à leur disposition : le Cloud et l’offshore. En attendant des systèmes suffisamment intelligents et auto-apprenants, qui permettront le prochain bond en avant dans l'optimisation des opérations IT.

SaaS et API pour favoriser l’agilité et l’innovation
Les applications en mode SaaS, notamment, fournissent des solutions spécialisées pour une innovation rapide et agile. Ouvertes au travers d’interfaces de programmation (API), elles simplifient la connexion à d’autres applications pour créer des solutions innovantes. Même si elles ne peuvent résoudre toutes les difficultés soulevées par les projets d’intégration, la simplicité d’utilisation des API en fait un catalyseur pour la création et la stimulation des écosystèmes numériques. En revanche, afin de ne pas aboutir à une informatique fragmentée, les nouvelles applications devront être intégrées avec le « back-office », et les processus repensés en conséquence.

De même, au niveau de l’organisation, des équipes dédiées à l’innovation pourront travailler sur des projets ayant un fort potentiel d'innovation de rupture, en collaboration avec des fournisseurs de services externes détenant des expertises spécifiques, pour valider ces projets avant de les confier à l’équipe informatique classique. Cette démarche d’IT à deux vitesses pourra nécessiter de faire intervenir de nouveaux profils, comme celui de « data scientist » dans le domaine du Big Data.

Des innovations au service des clients et employés
L’accent va de plus en plus être mis sur l’humain, qu’il soit utilisateur de produits logiciels, client ou salarié. Il s’agit de rendre les utilisateurs plus efficaces, en leur soumettant des analyses et des décisions possibles : les technologies de « machine learning » (auto-apprentissage) et d’analyse cognitive tendront à être embarquées dans les logiciels, devenant utilisables par tout un chacun.

Le client sera quant à lui bichonné au travers de ses appareils mobiles et autres portails Web, de façon à créer une expérience différentiante. Les intentions de dépenses sont fortes sur des concepts tels que la gestion de l’expérience client ou le CRM empathique, qui définissent les approches modernes de la gestion de la relation client, et qui devront être parfaitement intégrés au « back-office » pour créer cette expérience optimale.

Les collaborateurs, enfin, bénéficieront d’une gestion innovante des ressources humaines, s’appuyant sur les outils de collaboration sociale, des solutions accessibles en mobilité et des approches analytiques venant renforcer la gestion des talents et, partant, la compétitivité de l’entreprise.

Cloud, Big Data et IoT : une réalité
Presque chaque entreprise utilise maintenant une certaine forme de Cloud computing, mais de nombreuses organisations n’ont pas encore résolu les défis liés à l’exploitation de ce modèle de services. Les plateformes de Cloud, standardisées et hautement dynamiques, ont besoin d'un concept de fonctionnement complètement différent par rapport aux services internes de la DSI ou aux modèles traditionnels de sous-traitance. Ce sera une tâche majeure pour les responsables de l'infrastructure et des applications dans les années 2016 à 2020.

Le Big Data est lui aussi en train de se généraliser, au travers de nouvelles applications business amenées par la transformation numérique et l’Internet des objets, qui nécessitent tous deux une analyse en temps réel de grandes quantités de données plus ou moins structurées. Du côté de l’IoT, on en est encore aux plateformes pilotes, qui font le pont entre les bornes équipées de capteurs, les systèmes embarqués et l’informatique classique. 2016 et les années à venir verront apparaître des plateformes IoT « self-service », offrant plus d’agilité pour la mise en œuvre sur le terrain et le développement de nouvelles opportunités business.

L’IoT devrait aussi doper les marchés de l’intelligence artificielle (en pleine effervescence dans l’industrie), de l’Open Source (déjà bien avancé, particulièrement en France) et de la cyber-sécurité. Ce dernier point est particulièrement important : le rôle croissant de l’IT dans l’économie et une attention plus marquée à la sécurité des données demandent une approche holistique de la sécurité s’appuyant sur une nouvelle gouvernance (et la mise en place de SOC, centres opérationnels dédiés à la sécurité) et de nouvelles technologies telles que le Big Data.

L’agilité au secours des DSI
Agilité, adaptabilité, flexibilité, réactivité, évolutivité, vitesse, simplicité ou encore sécurité et efficacité : les demandes envers le DSI sont larges… d’autant plus lorsqu’on y ajoute la capacité à proposer des solutions innovantes. Confrontés à des choix structurels tout sauf anodins, les DSI disposent au moins dans leur arsenal de bonnes pratiques éprouvées : les méthodes agiles, qui évitent l’effet tunnel des développements classiques et aboutissent à des résultats plus rapides et plus satisfaisants, ainsi que le « DevOps », une approche conciliant le développement du logiciel et son exploitation. Ces deux concepts représentent les piliers d’une stratégie informatique durable, permettant au DSI de créer l’espace nécessaire à une innovation agile, tout en assurant l’efficacité d’un système informatique et de processus conçus pour le long-terme.

Christophe Chalons, Chief Analyst
c.chalons@pac-online.com
Olivier Rafal, Principal Consultant
o.rafal@pac-online.com - @olivierrafal

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