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EDITO - 7 tendances pour le logiciel d'entreprise en 2012

Crise ou pas, en dépit (et peut-être aussi à cause de la conjoncture), le logiciel de gestion continue à évoluer. Maturité fonctionnelle, cloud, mobilité, décisionnel... dans l'édito de cette semaine, nous passons en revue les tendances générales qui, d'après nos analystes, vont impacter de façon transversale l' industrie du logiciel en 2012. La semaine prochaine, nous analyserons plus précisément les axes d'évolution par domaine fonctionnel.

1. Maturité fonctionnelle des outils de gestion, mais...
En 2012, les logiciels qui supportent les fonctions clé de gestion de l'entreprise ont atteint désormais leur maturité fonctionnelle. Les systèmes de gestion comptable, les ERP, les fondamentaux du SIRH (E-SHOP : Cahier des charges GRH), les solutions de CRM (E-SHOP : Cahier des charges CRM) ne se différencient plus uniquement par leurs fonctionnalités de base, quasiment toutes identiques. De fait, elles se sont normalisées. L'exemple le plus significatif à cet égard est l'IT Management, où la certification des processus ITIL a uniformisé la majorité des solutions. La comparaison fonctionnelle reste raison en revanche sur les domaines transversaux plus émergeants (gestion de processus...), en pleine évolution (BI), ou encore peu structurés (gestion de contenus...). Dans les domaines les plus matures, les éditeurs seront obligés en 2012 de travailler leur différence sur d'autres critères : l'interface utilisateur, le mode d'accès (web, client léger, mobilité...), l'ergonomie de navigation, l'intégration à d'autres systèmes, la modularité, la facilité de paramétrage, la capacité à évoluer rapidement, le mode de commercialisation (abonnement ou licence, tarification à la demande, à l'usage...), le prix, etc. La couverture fonctionnelle reste évidemment un pré-requis de base pour tout achat de logiciel, mais les critères différenciants vont de plus en plus se faire ailleurs.

2. Le cloud, année de consolidation
Notamment sur l'adaptation du logiciel à de nouveaux modèles d'usage et de tarification. Depuis deux-trois ans déjà, le cloud s'annonce comme une révolution majeure de l'édition logicielle. En 2011 déjà, il dépassait le stade du "buzz". Encore limité en termes d'investissements, le marché du cloud bénéficie d'une croissance dynamique de 15% par an, selon IDC. Il faudra attendre encore quelques années (2015 selon Gartner), avant que le cloud arrive à maturité : le passage au cloud n'est pas sans risque (voir à ce sujet la conférence animée par le CXP dans le cadre du salon Doc & Finances). Aussi les systèmes d'information entièrement ayant "migré" vers le cloud ne sont-ils pas légion. L'année 2012 sera donc une année de consolidation. Amorcée avec le SaaS qui touche désormais, à des degrés divers, tous les domaines de gestion du logiciel, et le prolongeant avec deux autres composantes du cloud, le IaaS et le PaaS, l'informatique dans les nuages inaugure un nouveau modèle informatique, modifiant en profondeur les usages du logiciel (tarification à la demande et à l'usage, accès web...), inspirant une nouvelle "philosophie" du SI (ressources informatiques éclatées, passage du mode CAPEX au mode OPEX...), ainsi qu'une nouvelle façon de concevoir le logiciel pour les éditeurs. En effet, grâce aux plateformes PaaS permettant un développement collaboratif, les éditeurs peuvent s'associer à des partenaires pour enrichir leurs offres. En ce sens, on peut bien parler de révolution du cloud, car ce nouveau paradigme a pour corollaire une transformation profonde du marché de l'informatique et de l'édition logicielle, suscitant l'arrivée de nouveaux acteurs (hébergeurs...), renforçant le rôle des intégrateurs à valeur ajoutée, poussant les éditeurs à se recentrer sur le métier de l'édition.

3. Mobilité et consumérisation du SI
Une autre tendance forte de l'édition logicielle est le développement de la mobilité et des applications mobiles. Evalué aujourd'hui à quelque 850 millions de dollars, le marché mondial des équipements de mobilité continue son irrésistible progression. Les terminaux mobiles, déclinés en de multiples gammes et modèles sans cesse renouvelés, séduisent de plus en plus de consommateurs. Au delà des équipements, c'est le marché des applications et des services mobiles qui explose. La généralisation de la technologie sans contact NFC (Near Field Communication) a ouvert d'immenses perspectives dans des applications de paiement et d'authentification de la personne : systèmes d'encaissement sans carte, billetterie dématérialisée, coupons de réduction, cartes de fidélité, transferts d'argent sécurisés, signature électronique, etc. De nombreux secteurs d'activités (commerce, banques, services...) cherchent à tirer profit de ce levier de croissance. Les domaines de la distribution et du commerce de détail (retail) sont particulièrement concernés. Un enjeu fort pour les éditeurs qui devront prendre en compte les défis techniques des nouvelles interfaces homme-machine qu'impose la mobilité. La généralisation des équipements mobiles a un autre impact, plus récemment observé : la "consumérisation" du système d'information. Les entreprises ont pris conscience que les outils de la mobilité acquis par leurs collaborateurs pouvaient avoir un usage professionnel et, bien employés, accroître leur productivité. "Bring your own device" : tel est le nouveau mot d'ordre. Ce qui ne va pas être sans poser quelques soucis aux DSI (intégration, création d'applications mobiles, sécurité...).

4. Plus de fonctionnalités métier
Cette consumérisation du SI, qui recentre l'humain au coeur du système d'information, accompagne une autre tendance de fond de l'évolution du logiciel de gestion : une meilleure prise en compte des besoins opérationnels des métiers. C'est une attente forte du marché. Pour les éditeurs, la déclinaison métier (ou sectorielle) va donc continuer en 2012 à être un critère fort de valorisation de leur offre. Les éditeurs d'ERP ont appris à se rapprocher d'intégrateurs spécialisés métier qui peuvent aideront à verticaliser l'ERP pour l'adapter à tel ou tel segment de marché : le modèle de réseau de partenaires à la Microsoft a fait des émules. La tendance touche les éditeurs d'outils décisionnels (c'est le cas par exemple dans le domaine de la planification - E-SHOP - Fonctions de planification) qui prévoient de proposer des modèles métier de leur plateforme. Les fonctions décisionnelles vont d'ailleurs beaucoup se développer sur des besoins métier : tableaux de bord de la GRH, outils de reporting "légers" et orientés métier (E-SHOP : Voir notre nouvelle étude BI light vs BI Corporate), outils d'analyse marketing, etc. Enfin, le cloud favorise cette tendance en permettant de réunir des éditeurs et des experts métier pour créer des bouquets applicatifs rassemblant divers outils logiciels destinés à une population ciblée : le DAF, le responsable logistique, l'expert comptable, etc.

5. Les réseaux sociaux, nouvelle dimension du collaboratif
Difficile de parler des tendances du logiciel sans évoquer la dynamique des réseaux sociaux d'entreprise. L'année 2011 a été marquée par une progression contrastée des RSE : si ces outils se sont beaucoup développés et enrichis, leur adoption par le marché reste lente, freinée par la méconnaissance de la réalité du "2.0" par les entreprises et par les risques liés à un mauvais usage de ces réseaux. Il n'empêche : ces outils, de plus en plus sophistiqués, donnent au collaboratif une nouveau souffle et colorent d'une couche "sociale" les grands domaines de gestion (Social CRM, Social BPM...). En effet, loin de se cantonner à l'axe conversationnel (dialogues, échanges de commentaires ou de liens...), les RSE développent de plus en plus l'axe relationnel (création de relations, partage documentaire...). Reste à voir si le marché saura reconnaître la dimension d'intelligence collective vers laquelle ils convergent. L'année 2012 va donc s'avérer cruciale pour ce marché.

6. Le décisionnel sur tous les fronts
Fonction transversale, la Business Intelligence gagne du terrain sur tous les fronts, à tous les étages de l'entreprise. Pour gouverner, piloter, analyser, simuler, prévoir, les entreprises ont de plus en plus besoin d'outils décisionnels. La conjoncture économique incertaine et les aléas des marchés stimulent la demande. Toutes les fonctions de l'entreprise sont concernées : de la GRH aux services financiers, du stratège au tacticien, du directeur général aux responsables opérationnels, dans la petite comme la grande multinationale, dans tous les secteurs d'activité. Tous les logiciels de gestion intègrent une dimension décisionnelle. L'année 2912 continuera à être une année forte pour la BI (plus de détails dans notre prochain numéro).

7. Big data et destructuration des données

La Business Intelligence, chargée de les filtrer, les nettoyer, les extraire et les agréger, est le premier domaine logiciel à être concerné par l'explosion de la volumétrie des données. Les données prolifèrent, issues du système d'information interne mais aussi de bien d'autres sources externes hétérogènes (web, applications mobiles...). La proportion de données non structurées que l'entreprise doit gérer va peu à peu se substituer à celle des données structurées. Outre la BI, le phénomène touche d'autres domaines fonctionnels : le MDM (gestion des données de référence), l'ECM (gestion des contenus d'entreprise), le traitement des flux documentaires dématérialisés, la gestion collaborative des connaissances. Tout le système d'information est impacté par cette évolution à très long terme.


Claire Leroy
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L'Œil Expert, 17 janvier 2012

 
Mis en ligne le 17/01/2012
 
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