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EDITO - Ce que le Père Noël apporte cette année au système d'information

Les smartphones, tablettes et autres terminaux intelligents seront cette année particulièrement en vedette sous le sapin de Noël : les intentions d'achat en faveur de ces bijoux de technologie ont été multipliées par trois, passant de 2 à 3% l'année dernière à 9% cette année, selon le cabinet Deloitte. Cet engouement massif du grand public profite directement aux fabricants de ces produits et aux opérateurs mobiles, industries miraculeusement épargnées par la crise. Mais aussi, indirectement, à beaucoup de monde. Le commerce en ligne commence à en tirer profit, qui va aller en s'accroissant : selon une étude réalisée par Brocade en novembre dernier, 86% des consommateurs européens affirmaient déjà utiliser leur smartphone ou leur tablette pour faire leurs achats de Noël.

Un autre bienfait, plus inattendu, de ces objets du désir est leur apport, potentiellement considérable, au monde professionnel. L'entreprise a en effet tout à gagner de l'appétence de ses collaborateurs pour ces petites merveilles (surtout quand elle n'a pas à les financer elle-même) et qui ne peuvent que favoriser la communication et le partage d'informations. De fait, l'usage professionnel de ces objets mobiles personnels (auxquels on tient comme à la prunelle de ses yeux et qui deviennent en quelque sorte une extension de la ressource humaine), constitue une tendance de fond, appelée consumérisation des technologies de l'information, et que met en évidence une récente enquête réalisée par IDC à la demande d'IBM (*).

Selon cette étude, les objets personnels mobiles sont en passe de constituer un point d'accès majeur dans le système d'information de l'entreprise. 67% des personnes interrogées déclarent utiliser leur propre smartphone dans le cadre de leur travail (ce qui représente en moyenne près de 30% du temps d'utilisation de l'équipement), les principales populations concernées étant les cadres dirigeants et les forces de vente (E-SHOP : CRM - Synthèse & Perspectives). Les salariés utilisent leur smartphone ou tablette pour accéder principalement à leur messagerie électronique et à leur agenda, et ils sont une majorité à estimer que cet usage améliore leur réactivité et leur productivité : les responsables des ressources humaines doivent prendre en compte cette nouvelle donne (E-SHOP : Les outils de communication entre l'entreprise et ses salariés - Acteurs et offres).

Les seuls qui ont des raisons de ne pas vraiment être à la fête, ce sont les DSI. Certes, ils reconnaissent sans réserve l'intérêt de ces nouveaux usages : ils seraient, selon l'étude IDC, 70% à penser qu'ils améliorent les interactions avec les clients et 67% à déclarer qu'ils renforcent l'image innovante de l'entreprise. Cela étant, cette consumérisation croissante du système d'information les préoccupe et les oblige à reconsidérer leur stratégie concernant l'environnement de travail des utilisateurs. Car ils voient plus loin. Au delà de l'accès à la messagerie et à l'agenda, c'est l'insertion de ces nouveaux usages mobiles dans le coeur du système d'information, ses applications et ses processus, qui pose problème. Comment adapter les applications existantes de l'entreprise aux systèmes d'exploitation (nombreux et non standard) des terminaux mobiles ? Comment protéger les données de l'entreprise de tous risques d'intrusion ou de perte induits par la généralisation (pas toujours contrôlable) de ces outils ? Il faut aussi développer des applications nouvelles plus adaptées à ces outils, demander aux éditeurs de fournir des logiciels prenant en compte les usages de la mobilité, modifier l'infrastructure : tout cela a un coût. Aussi les DSI sont-ils partagés, certains se montrant plutôt défensifs ou réactifs, d'autres au contraire cherchant à se positionnant comme "moteur de cette innovation".

Le mérite de l'étude IDC/IBM est de faire émerger des pistes de solutions pour les directions informatiques. Ainsi, la mise en place d'un "store applicatif" (magasin d'applications conçues pour les usages mobiles), déjà envisagé par 20% des DSI interrogés (6% en ayant déjà mis un en place, 14% prévoyant de le faire d'ici 12 à 18 mois), la définition de priorités en matière de collaboration mobile au plan fonctionnel, ou encore le recours à des technologies répondant au besoin d'accéder en situation de mobilité à toutes les applications collaboratives de l'entreprise et d'outils de travail légers (E-SHOP : Gestion des connaissances et collaboration - Cahier des charges).

Voilà, avec la virtualisation et le cloud computing, une thématique qui devrait être au centre des préoccupations des DSI en 2012. Nous reviendrons sur les tendances logicielles de l'année à venir dans notre numéro de rentrée, le 10 janvier prochain. En attendant, au nom de toute l'équipe du CXP, je vous souhaite à tous d'excellentes fêtes de fin d'année. Avec smartphone ou tablette sous le sapin !


(*)Etude réalisée par IDC auprès de 206 utilisateurs et 100 responsables informatiques de grandes entreprises en France. But : mesurer les nouveaux usages de collaboration impulsés par l'utilisation croissante des smartphones et tablettes média personnels dans la sphère professionnelle.


Claire Leroy
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L'Œil Expert, 20 décembre 2011

 
Mis en ligne le 20/12/2011
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