EDITO - Collaboratif : tout le monde est pour, mais...
Dans le monde des technologies de l'information,
il n'existe peut-être pas de terme aussi galvaudé
que celui de "collaboratif". L'information doit
nécessairement être (sous contrôle évidemment )
communiquée, diffusée, mise et traitée en commun,
partagée tout au long de son cycle de vie. Elle
doit pouvoir être traitée par plusieurs personnes
interagissant chacun selon son rôle et ses
compétences dans un objectif fixé. C'est sa
capacité à circuler (rapidement et aisément) qui
confère à l'information sa pertinence et son
efficacité. Aussi, par définition, peut-on dire
que tout système d'information vise à la
collaboration.
Pourtant, entre l'objectif visé et la réalité des
usages, reste un hiatus qui est loin d'être
comblé. C'est ce que pointe une récente étude
signée Aastra (*). Les résultats de cette enquête
révèlent que si la valeur ajoutée des solutions de
travail collaboratif est reconnue par la majorité
des répondants (64% des personnes interrogées
affirment que les solutions de travail
collaboratif favorisent bien les échanges
professionnels et le partage d'informations),
toutes les solutions collaboratives ne font pas
l'unanimité. Ainsi, 51% des répondants n'utilisent
jamais les fonctions de messagerie unifiée. Près
de 40% des répondants utilisent de façon
ponctuelle (et non officielle) des solutions de
télétravail. Ils sont 22% à considérer que les
outils de travail collaboratif doivent rester
cantonnés à un usage en mode projet et ne pas être
généralisés à l'ensemble des collaborateurs de
l'entreprise. Enfin, moins de 10% des personnes
interrogées estiment que l'usage interne des mails
dans l'entreprise sera substitué par les réseaux
sociaux d'entreprise (RSE) : on est encore bien
loin de l'entreprise 2.0.
Deux raisons essentielles peuvent expliquer la
difficulté du collaboratif à s'imposer dans le
quotidien des entreprises. La première est
l'extrême diversité des outils disponibles
propres à faciliter les échanges inter et intra-
entreprises. Outils de toute nature : matériels,
réseaux, équipements d'infrastructure et logiciels
de gestion de ces équipements. Le plus répandu
reste le téléphone (fixe, mobile, aux fonctions
de plus en plus complexes, intégrant la vidéo,
etc.) Mais il y a aussi la messagerie interne, les
outils de technologie web (mail, chat, outils
d'e-collaboration pour le partage de documents et
d'agendas sur le web), les outils de télé- et
vidéoconférence, et enfin les outils proprement
dits de travail collaboratif (on parlait autrefois
de groupware ou d'OTC), aujourd'hui intégrés dans
les solutions plus larges de gestion et de
production documentaire : outils de communication,
de partage d'applications et de documents, d'accès
au savoir et à la connaissance (moteur de
recherche...), outils de suivi et de
synchronisation (workflows, agendas partagés...).
(E-SHOP : Gestion des contenus d'entreprise- 114
critères d'évaluation) Enfin, nouveaux venus
dans les systèmes d'information, les réseaux
sociaux d'entreprise sont des solutions modernes
d'échange collaboratif (en mode relationnel ou
conversationnel) dans l'entreprise.
L'hétérogénéité de ces outils ne facilite pas un
usage fluide à tous les échelons de l'entreprise.
L'autre raison est de nature organisationnelle,
culturelle. Avant le système d'information, c'est
le travail qui doit se définir comme collaboratif.
Mais tous les "collaborateurs" d'une entreprise
n'approchent pas le collaboratif de façon
uniforme: tout dépend de leur fonction, de leur
niveau de responsabilité, de leur mission, de
leurs objectifs et de leurs compétences. Les
entreprises soucieuses de mettre en pratique des
solutions de collaboration (et a fortiori d'e-
collaboration) doivent être capables d'adapter
leur organisation du travail et de créer, surtout
si l'entreprise est fortement hiérarchisée, de la
transversalité dans leur mode de fonctionnement.
Il leur est de plus essentiel de déterminer, avant
tout choix d'outils, les objectifs et les
caractéristiques souhaitées d'un projet de
collaboration : pour quoi faire (partager des
applications ? des contenus ? un projet ? un
savoir ?), pour quel usage (métier ? bureautique ?
pilotage ?) qui est concerné (des collaborateurs
isolée ? un service ? une communauté d'intérêts
ou d'experts ?), etc.
Si votre entreprise a un projet d'acquisition
d'outils favorisant l'échange collaboratif de
contenus, ne ratez pas, le 24 novembre prochain,
notre ECM Event, organisé avec le CXP avec la
collaboration de BARC, où une table ronde est
consacrée au sujet. Pour en savoir plus et vous
inscrire.
De plus, si vous travaillez sur un projet de
gestion
collaborative de contenus et de connaissances,
l'un des aspects les plus complexes du
collaboratif d'entreprise, vous serez intéressé
par le petit-déjeuner que le CXP organise, en
partenariat avec
Opéra, le 13 décembre prochain à Lyon. Un panorama
de solutions et des méthodes vous seront présentés
et des utilisateurs viendront témoigner de leurs
usages de la collaboration. Pour en savoir plus et vous y
inscrire.
(*) "Quels sont les usages des outils de
communication collaborative au sein des
entreprises ? " Enquête menée lors de l'Aastra
Open Tour 2011 auprès de 1100 acteurs du secteur
IT, utilisateurs d'entreprises de toutes tailles,
intégrateurs, distributeurs, consultants.
Claire Leroy
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L'Œil Expert, 8 novembre 2011