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EDITO - Les TIC s'invitent dans le débat présidentiel

A moins de trois mois des élections présidentielles, les organisations professionnelles et associations représentant le monde des TIC et du logiciel se mobilisent pour apporter leur contribution au débat et jouer leur rôle d'influenceurs. Ce fut d'abord l'AFDEL (Association française des éditeurs de logiciels), qui, le 15 janvier dernier, lançait 20 propositions. Trois jours plus tard, le syndicat professionnel Syntec Numérique entrait à son tour dans l'arène politique en présentant son programme de 10 recommandations à destination des candidats.

Dans les deux cas, l'objectif affiché est le même : réindustrialiser la France grâce aux TIC, aider la France à rattraper son retard dans la numérisation de son économie. Pour l'AFDEL comme pour Syntec, il est indispensable de marteler aux présidentiables que le numérique (toujours trop négligé par les représentants des partis politiques) constitue un levier fort de croissance, de création d'emplois et de compétitivité . Et Syntec de rappeler les chiffres du secteur : plus de 1,5 millions de salariés en France, 700 000 emplois créés en 15 ans, 40 000 recrutements par an et une contribution à hauteur de 20% de la croissance du PIB (voir aussi les chiffres du Truffle 100). Non seulement, l'industrie numérique bénéficie de sa propre dynamique et peut relayer les industries en phase de déclin dans le redressement de notre économie, mais elle constitue aussi un formidable atout pour le retour à la compétitivité des industries traditionnelles et à la réduction des dépenses publiques.

Les deux programmes tournent (ce n'est pas une surprise) autour des mots clés que sont le numérique, l'innovation, la formation, la croissance et l'aide aux PME, très présentes dans le monde du logiciel français. L'AFDEL comme Syntec réclament des mesures concrètes pour mieux accompagner les PME innovantes. Les deux organisations s'accordent pour recommander une consolidation du Crédit d'Impôt Recherche, afin donner aux entreprises plus de visibilité sur leurs investissements et mieux anticiper leur trésorerie, ainsi que des mesures de soutien pour les petites entreprises et start-up (sur trois axes notamment : l'aide au financement, la défiscalisation ou adaptation de la fiscalité et la simplification des démarches administratives). Demandant à l'Etat d'investir au service de l'innovation et de la réindustrialisation, l'AFDEL propose la création d'un "guichet unique" vers une Agence française de l'innovation et d'un portail web unique. Syntec reprend à son compte cette notion de "guichet unique" destiné plus particulièrement aux PME innovantes et éditeurs de logiciels et suggère la création d'un "réseau de l'innovation" simplifiant l'accès aux dispositifs existants. Enfin l'AFDEL souhaiterait valoriser l'image des PME auprès des étudiants en proposant un stage obligatoire en PME de croissance dans les cursus supérieurs économique et d'ingénieur.

Au delà de ces points communs, les programmes divergent quelque peu. L'AFDEL insiste sur la nécessité de développer des infrastructures numériques capables de supporter les futurs développements du cloud et d'accélérer le déploiement du Très haut Débit dans les régions : normal pour une association qui défend les intérêts de l'industrie logicielle. Syntec met lui l'accent sur l'emploi et la formation. Le syndicat propose également une série de recommandations sur deux autres thématiques : l'efficacité de la dépense publique (modernisation de l'Etat et amélioration de la relation entre l'Etat et le citoyen grâce aux technologies numériques) et la transformation de la société (déploiement de l'e-éducation, révision du cadre du travail pour l'adapter au nomadisme numérique et extensions des services numériques à domicile).

Depuis de nombreuses années déjà, les associations représentantes du secteur interpellent les autorités publiques pour qu'elles prennent davantage en considération le secteur des TIC et du logiciel. L'actuel débat présidentiel est une formidable occasion pour elles de s'inviter sur les sujets de fond qui touchent au développement de notre économie et de notre société. Seront-elles cette fois un peu mieux entendues ?


Claire Leroy
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L'Œil Expert, 31 janvier 2012

 
Mis en ligne le 31/01/2012
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