EDITO – Y a-t-il un pilote dans l'avion ERP ?
A l'occasion de son vingtième anniversaire, la
Convention 2009 de l'USF (Club des utilisateurs
SAP francophones) s'est déroulée (les 14 et 15
octobre dernier) dans un climat plutôt serein,
contrastant avec l'ambiance houleuse de l'année
dernière où, l'on s'en souvient, l'augmentation
annoncée par SAP des coûts de maintenance de son
ERP (passant de 17 à 22% du coût de licence) avait
suscité, au plus fort de la crise, l'émoi des DSI.
Le dialogue a été renoué entre l'éditeur
germanique, représenté par Pascal Rialland,
directeur général de SAP France, et l'association
des utilisateurs francophones, s'exprimant par la
voix de son président Jean Leroux (voir interview dans ce
numéro). L'éditeur s'est d'ailleurs
engagé à faire de louables efforts de
communication, notamment
autour de la roadmap de ses produits et de
l'intégration de l'offre BO.
Mais ce qui a surtout suscité cette éclaircie,
c'est l'échange constructif qui s'est élaboré
cette année autour d'une question qui, d'habitude,
fâche : les coûts. En cette période de nécessaire
optimisation budgétaire, où les DSI sont obligés
de justifier leurs moindres dépenses, la maîtrise
du coût de possession (TCO) de l'ERP, produit
lourd qui engage la situation financière de
l'entreprise pendant des années, ainsi que la
mesure de son ROI sont des sujets en effet plus
que jamais au cœur des préoccupations des DSI.
(E-SHOP : Etude d'opportunité
: Quelles pistes pour réduire le budget ERP ?
).
SAP l'a bien compris. Certes, pas question pour
lui de réduire ses tarifs (les temps sont durs
aussi pour les éditeurs, même internationaux !).
Mais il peut aider ses clients à mieux maîtriser
l'efficacité de leur ERP et à en réduire le TCO.
En leur proposant des outils et services, dont
certains gratuits comme des services de
benchmarking (destinés à mettre en évidence le
rapport entre l'usage de l'ERP et les performances
métier), et d'autres, payants ceux-là, pour aider
les DSI à
automatiser le pilotage de l'ERP.
C'est le cas de Solution Manager, outil de
supervision qui, s'appuyant sur les
recommandations ITIL, couvre la totalité d'un
projet, depuis la mise en œuvre jusqu'à
l'exploitation et l'optimisation de l'ERP.
"Pour 10 euros de logiciel SAP vendus en
licence, 50 à 60 euros de services sont dépensés
par la suite", a reconnu Pascal Rialland.
"Nous travaillons à réduire ce ratio de 5 ou 6,
pour le ramener aux environs de 1". La
maintenance de l'ERP aussi doit se gérer.
L'éditeur avait cherché à justifier la hausse de
coût de son offre Entreprise Support par les
services de support qu'elle propose, services
censés abaisser le coût de revient du logiciel,
mais dont il est aujourd'hui difficile de mesurer
l'efficacité avec précision. Aussi SAP s'est-il
engagé à fournir une bardée d'indicateurs qui
devraient permettre à l'utilisateur d'économiser à
terme (mais pas avant 2012) jusqu'à 30% sur le
coût de revient de l'ERP. La maîtrise de
l'évolution des versions étant aussi facteur de
réduction de dépenses pour l'utilisateur,
l'éditeur a présenté une nouvelle approche de
l'évaluation logicielle, avec ses Enhancement
Packages: ils aident à mettre en œuvre de
nouvelles fonctions techniques ou métier
progressivement, avec une phase de test moins
lourde et sans le traumatisme d'une migration sur
une nouvelle version majeure tous les cinq
ans.
A ce compte, tout le monde y gagne :
l'utilisateur, qui peut ainsi limiter les coûts de
possession de son ERP, et l'éditeur, qui en
profitera pour commercialiser d'autres outils.
L'ERP est censé piloter la gestion d'une
entreprise. Maintenant, il faut des outils pour
piloter l'ERP et en mesurer la performance. A
quand des outils nouveaux pour piloter le pilotage
? On verra peut-être un jour surgir des outils
comparant la valeur d'un benchmarking automatisé à
celle d'un ROI calculé sur un bout de papier. Les
outils de BI pour la DSI (E-SHOP : Etude d'opportunité : Le Tableau de
bord du DSI) ont décidément de l'avenir.
Claire Leroy
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L'Œil Expert, 20 octobre 2009