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INTERVIEW - Claude Molly-Mitton, Président du club des Utilisateurs SAP Francophones (USF)

« Vers une ouverture contrôlée aux partenaires et aux communautés non ERP »

Réputé pour son indépendance et l’implication de ses adhérents, l’USF souhaite aujourd’hui capitaliser sur ses valeurs fondatrices de partage et d’échange pour fédérer encore plus l’écosystème SAP francophone. Une refonde des statuts permet désormais une ouverture du club à des communautés d’utilisateurs « non ERP », mais aussi à des prestataires tiers. Pour Claude Molly-Mitton, le nouveau président de l’USF, il s’agit aussi de renforcer les relations bilatérales avec les autres clubs SAP européens, et d’intégrer un plus grand nombre de membres de pays francophones.

Claude Molly-Mitton-USF Le 23 mars dernier, vous avez succédé à Jean Leroux à la présidence de l’USF. Ce passage de témoin a également été l’occasion de revoir les statuts de l’association. Quels sont les principaux changements et les raisons qui ont motivé cette refonte ?

En octobre dernier, l’USF a fêté ses 20 ans d’existence. Et depuis sa création, l’association n’a jamais cessé d’évoluer pour favoriser l’échange et le partage d’informations entre tous ses adhérents. En mars dernier, nous avons effectivement souhaité modifier nos statuts, pour les actualiser, mais aussi pour qu’ils permettent une ouverture du club à des partenaires extérieurs. Ces partenaires - intégrateurs, éditeurs de produits tiers, sociétés de conseils… - appartiennent à l’écosystème de SAP. Et ils ont déjà, depuis longtemps, des relations concrètes avec l’USF, que ce soit de manière formalisée, lors de notre convention annuelle, ou par opportunités tout au long de l’année. Mais ces échanges n’étaient pas officialisés. En modifiant nos statuts, nous nous donnons la possibilité de leur ouvrir la porte de notre association. Mais cette ouverture a des limites, puisqu’ils n’auront pas de droit de vote, et ne pourront pas participer à notre conseil d’administration.


Qu’est ce qui a motivé cette ouverture du club à l’écosystème SAP ? N’avez-vous pas peur d’y perdre votre âme ?

L’USF est un club d’utilisateurs des solutions SAP et il le restera ! Je serais très vigilant sur ce point et il n’est pas question pour nous d’y perdre notre indépendance ou notre liberté de paroles. Cette ouverture se fera donc en douceur et sous contrôle. Nous allons nous donner le temps de la réflexion pour définir précisément les contours de ces échanges, et rédiger une « charte partenaire » d’engagements réciproques. Nous sommes également très attentifs à ce que font les autres clubs d’utilisateurs dans d’autres pays que la France sur ce sujet. Mais cette évolution devrait nous permettre de mieux coller au marché et de gagner en valeur. En ouvrant le club à des prestataires, nous savons que nous pourrons bénéficier plus directement de leurs compétences. Et c’est cela, cet apport de valeur, qui nous intéresse en priorité.


L’USF regroupe en majorité des utilisateurs du progiciel de gestion intégré de SAP. Quelle place souhaitez-vous donner aux communautés « non ERP » qui, aujourd’hui, sont aussi celles de l’éditeur SAP ?

Sur les quelque 2500 adhérents de l’USF, une grande proportion est effectivement composée de grands comptes français, utilisateurs de l’ERP SAP. Et cela de manière historique. Mais l’écosystème de SAP évolue puisque l’éditeur a élargi son offre à des solutions dédiées aux Pme-Pmi et s’est également ouvert, par croissance extérieure, à d’autres solutions que les progiciels de gestion intégrés. L’USF ayant pour vocation de fédérer les utilisateurs de toutes les solutions SAP, nous souhaitons aujourd’hui ouvrir un peu plus l’association à d’autres catégories de membres. Pour intéresser les Pme-Pmi, nous allons développer du contenu spécifique à travers une communauté de travail dédiée et nous facilitons d’ores et déjà leur accès aux différentes commissions techniques et métiers de l’association, en direct, mais aussi en ligne, via le WebEx, pour les entreprises situées en province. Nous travaillons également de plus en plus avec des communautés extérieures au monde ERP. Nous avons ainsi accueillis mi 2009 au sein de l’USF les utilisateurs de Cartesis, après le rachat de Business Objects par SAP (pour mémoire Cartesis avait, lui-même, été acheté par Business Objects quelques mois auparavant, ndlr). En rejoignant notre association et en créant la commission, « Corporate Consolidation et Reporting », ces utilisateurs ont pu mieux se structurer et gagner en poids, à travers un modèle de club centré autour des utilisateurs, ce qui leur a permis par exemple d’obtenir de la part de l’éditeur, la prorogation de la maintenance de la version 10SP2 de Magnitude sur une année (sans surcoût) pour permettre les projets de migration sur 2010 … L’union fait la force, c’est bien connu ! Et plus, nous serons nombreux, plus nous serons écoutés par SAP. Dans ce même esprit d’ouverture, notre association entend également intégrer un plus grand nombre de membres de pays francophones afin de donner plus de corps au « F » de l’USF.


Et à l’international, quels sont les projets de l’USF ?

Depuis sa création, l’USF est un des membres les plus actifs du SUGEN (SAP User Group Executive Network), un réseau international qui regroupe aujourd’hui une douzaine de groupes d’utilisateurs SAP. Et nous allons continuer le travail entamé par les équipes précédentes, notamment pour tout ce qui concerne l’alignement de SAP Enterprise Support avec les besoins stratégiques des entreprises utilisatrices. Mais les membres du SUGEN veulent aussi pouvoir influencer la roadmap sur le long terme de SAP et inciter ainsi l’éditeur à mieux prendre en compte les problématiques de ses clients dans ses développements. Pour se faire, des commissions transverses vont être mises en place, avec des déclinaisons par secteurs d’activité, par métiers ou par technologies. Un groupe de travail a également été créé pour étudier les besoins des clients de Business Objects, tant vis-à-vis des clubs utilisateurs, que vis-à-vis de SAP. Plus de 3000 questionnaires ont déjà été envoyés rien qu’en France (par l’USF) pour que ces utilisateurs fassent entendre leurs voix.


L’USF travaille également avec un groupe d’utilisateurs suédois sur le pricing des solutions SAP. De quoi s’agit-il précisément ?

C’est une initiative très récente, qui est en train de se mettre en place au niveau international à travers le SUGEN, et que nous allons effectivement co-piloter avec nos homologues suédois. L’objectif n’est pas de concocter un cahier de doléances, ou de chercher à négocier les tarifs avec SAP. Il s’agit plutôt de clarifier tout le pricing de l’éditeur, en définissant précisément ce que comprend chaque licence SAP, et quel en est son prix. C’est un travail de décryptage, qui se fera pays par pays, et débouchera sur des conseils pratiques, qui pourront ensuite être utilisés par tous les membres du SUGEN. En France, l’USF a déjà une longueur d’avance sur le sujet, car nous travaillons sur ce thème depuis près de six mois avec le Cigref, afin de sortir un livre blanc en janvier prochain.


D’autres publications sont-elles programmées d’ici à la fin de l’année ?

L’USF prépare actuellement deux livres blancs qui sortiront en octobre prochain pour notre convention annuelle. Le premier, réalisé avec l’aide de la sociét Logica, sera dédié à la mise en place et à l’utilisation de la plateforme Solution Manager. Il contiendra de nombreux retours d’expérience et des conseils. Le second, réalisé collectivement par les membres de la commission service public de l’USF, s’intéressera à la mise en œuvre des solutions SAP au sein du secteur public, un secteur qui a ses spécificités et où les utilisateurs sont en quête de bonnes pratiques.


La prochaine convention de l’USF est programmée les 13 et 14 octobre à Nantes. Quels en seront les grands temps forts ?

La convention de l’USF réunit chaque année 1 000 à 1 200 acteurs, dont au moins 60 % d’utilisateurs. Une soixantaine de partenaires ont déjà répondu présents et nous aurons plus de 70 retours d’expérience. C’est vraiment l’évènement majeur de tout l’écosystème français SAP. Propos recueillis par Christiène Brancier

L'Œil Expert, 18 juin 2010

 
Mis en ligne le 18/06/2010
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