INTERVIEW - Thierry Meynle, Président du Directoire de Divalto
« Nous nous préparons à une nouvelle décennie des plus dynamiques »
Investissements importants en R&D, ouverture au
monde IBM, montée au capital des managers et
salariés… Porté par une nouvelle équipe
dirigeante, cet éditeur de progiciels de gestion a
engagé une politique de développement forte pour
positionner durablement son ERP sur le marché des
Pme-Pmi. Thierry Meynle, le nouveau président du
Directoire de Divalto, nous présente les
principales composantes de cette stratégie, dont
les dernières étapes seront divulguées au premier
semestre 2010.
Divalto vient d’annoncer un chiffre d’affaires
consolidé de 9,9 millions d’euros pour 2009, en
progression de +1% par rapport à l’année
précédente. Etes-vous satisfait de ce résultat ?
Dans un contexte économique concurrentiel et
tendu, marqué par une baisse significative du
marché des ERP, nous avons réussi à générer un
chiffre d’affaires consolidé en progression pour
la huitième année consécutive. C’est donc plutôt
une bonne année pour Divalto, même si, avec 1 % de
croissance, nous sommes loin des 34 % de
progression enregistrés en 2008. Il y a un an,
nous tablions d’ailleurs sur une hausse un peu
plus importante de nos ventes, mais nous ne
pouvions pas imaginer que le marché serait si dur.
Nous nous en sortons donc plutôt bien comparé à
d’autres éditeurs comme SAP, par exemple, qui a vu
ses ventes de licences fondre de près de … 40 % en
un an !
L’année 2009 marque un tournant dans l’histoire
de Divalto, avec le départ de Maurice Vallet, son
président et fondateur. Comment l’entreprise
s’est-elle préparée à ce changement ?
Le management a pris progressivement le relais de
la famille fondatrice. Le départ en retraite de
Maurice Vallet et de son épouse, directrice de la
R&D, s’est donc fait en douceur, après une période
de transition de trois ans. En 2006, Maurice
Vallet avait déjà ouvert le capital de
l’entreprise à ses collaborateurs (33 %) et à une
holding d'investisseurs (35 %). Nous avons
procédé, cette année, à un MBO (Management Buy-
Out) secondaire et à une nouvelle montée au
capital des managers et des salariés, auxquels le
fonds Pléiade Investissement a renouvelé sa
confiance. Nous avons également créé un comité de
recherche et développement, composé de quatre
membres, dont un directeur chargé de la
prospective produits.
L’automne 2009 a également été riche en
annonces, avec l’ouverture de Divalto au monde IBM
et la sortie de la version 6.2 de votre ERP.
Qu’est ce que ces nouveautés vont apporter à
l’entreprise ?
En septembre dernier, nous avons, en effet,
officialisé le portage de notre ERP Divalto sur
base IBM DB2 et annoncé sa disponibilité en natif
en environnement IBM i (anciennement OS/400) sur
la plate-forme IBM Power Systems. Jusqu’alors,
Divalto était disponible, pour les SGBD, sous SQL
Server de Microsoft et sous Oracle Database 11g
et, pour les OS, sous Windows et sous Linux. Avec
ce troisième environnement, il devient donc la
seule solution de gestion fonctionnant sur 95% des
plateformes des Pme-Pmi. En fin d’année, nous
avons également finalisé la version 6.2 de notre
ERP qui s’enrichit de quatre nouveaux modules
intégrés (Divalto Qualité, Divalto Documentation,
Divalto Processus et Divalto Saisie Atelier) ainsi
que de 287 nouvelles fonctionnalités. En termes de
couverture fonctionnelle, nous avons ainsi
aujourd’hui une véritable bête de course, qui n’a
pas d’équivalent sur le marché des Pme-Pmi. Et ce
n’est qu’un début, puisque nous ferons d’autres
annonces majeures en termes de produits dans tous
les prochains mois.
Comment financez-vous toutes ces développements
? Et quelles sont les conséquences sur votre
résultat net ?
Divalto investit aujourd’hui 30 % de son chiffre
d’affaires en recherche et développement, contre
20 % auparavant. C’est un effort important, qui
pèse bien sûr sur notre résultat net, qui (hors
éléments exceptionnels) devrait s’inscrire en
léger retrait d’environ 5% en 2009. Un ratio dont
nous restons satisfaits face au marché et aux
projets engagés et à venir, car cette stratégie,
basée sur le long terme, devrait nous assurer une
décennie des plus dynamiques.
Justement, quels sont vos projets à court et à
moyen terme ?
L’objectif de Divalto est de couvrir tout le
marché des Pme-Pmi, de 10 à 1000 salariés, avec un
focus particulier sur les entreprises de 200 à
1000 salariés. En 2009, nous avons fait un grand
pas vers le haut de ce marché avec le lancement
des quatre nouveaux modules intégrés à notre ERP.
Et nous allons continuer en 2010. Mais, nous
voulons aussi rester très présents sur le bas du
marché. Nous travaillons donc à l’amélioration et
à la simplification de notre offre dédiée aux
petites entreprises. Nous sommes également en
recherche active de croissance externe.
L’acquisition du CTDEC en 2008 nous a ouvert de
nouveaux marchés dans les métiers de l’industrie
mécanique et de la sous-traitance. Nous souhaitons
poursuivre dans cette voie, en absorbant des
structures plus petites pour avancer plus vite.
Propos recueillis par Christiène Brancier
L'Œil Expert, 16 mars 2010