Connais ton ERP !

Hier s'est tenue la première matinée d'information "nouvelle formule" de teknowlogy Group destinée aux décideurs IT et aux directions métiers des entreprises : KNOW ERP. Sur le thème "Comment faire de l'ERP un vecteur d'innovation ?", trois conférences-débats ont évoqué les aspects optimisation, cloud et innovants des ERP.
 
"Nous cherchons à bâtir une communauté d'utilisateurs", a indiqué Olivier Rafal, vice-président - digital business innovations de teknowlogy Group, en évoquant la nouvelle formule de ces événements informatifs, orientés vers plus d'échanges et d'interactivité. "D'où ces conférences-débats, mettant en scène des points de vue variés et faisant une large place aux interventions de l'assistance" ; permettant ainsi à chacun d’élaborer sa vision propre 
 
De fait, le premier de ces débats a fait intervenir Patrick Rahali, director and market leader ERP et Jérôme Bricout, directeur du consulting end-user. Le premier a planté le décor en expliquant qu'avec un Taux de Croissance Annuel Moyen (TCAM) de 5,2 %, le marché des logiciels et services se portait plutôt bien. Il a également confirmé le mouvement vers le SaaS, qui connaît quant à lui un fulgurant TCAM de 17,7 %, entraînant inéluctablement un recul des installations on-premise, de - 3,5 % annuels en moyenne. Les catalyseurs de ce mouvement sont essentiellement les projets de front-office et le cloud sous toutes ses déclinaisons, SaaS, IaaS et PaaS. Concernant l'ERP, ce qui dope les projets cloud, c'est la fin annoncée du support des solutions on-premise par les grands éditeurs, mais aussi l'arrivée de nouveaux entrants, acteurs cloud, sur le marché, comme Workday, Acumatica, Rootstock ou encore Netsuite. "Toujours à la recherche de bénéfices fonctionnels, financiers et d'agilité, les entreprises sont amenées à prendre en compte les enjeux humains et les nouveaux usages. Enfin, les problématiques autour des API les conduisent à envisager un SI plus hétérogène et hybride, dans un contexte de transformation numérique", ajoute Patrick Rahali.
 
Celui-ci a terminé son introduction en présentant la nouvelle plate-forme de services myteknow (www.mytekknow.com), récemment lancée par teknowlogy Group. Celle-ci accompagne la DSI dans l'ensemble de ses missions grâce à son approche proactive à toutes les phases, du choix au pilotage en passant par la sécurisation et la transformation (voir L'Œil Expert du 17 avril 2019).
 
Quelles stratégies adopter pour optimiser les investissements dans les ERP ? Entre CAPEX et OPEX, mon cœur balance toujours, comme l'explique Jérôme Bricout, qui développe divers cas de figure dans lesquels l'entreprise privilégiera tantôt l'un, tantôt l'autre. "Il n'y a pas vraiment de règle, mais c'est l'intérêt de l'actionnariat de l'entreprise qui prime. L'OPEX a plutôt le vent en poupe actuellement, mais si c'est le haut de bilan qui est privilégié, le CAPEX devient intéressant". Autre élément à prendre en compte : la durée de vie de l'installation (qui peut être courte, de l'ordre de 4 à 5 ans, mais bien plus souvent beaucoup plus longue, 7, 8, 10, voire 15 ans, dans le cas d'un ERP) et le point d'équilibre entre dépenses SaaS et dépenses on-premise, "qui se situe entre 5 et 7 ans. Au début, le cloud est donc beaucoup plus accessible, mais la situation s'inverse sur le long terme".
 
À propos de projets, un autre élément d'appréciation intéressant est le ratio entre dépenses en licences et en service. "En général, nous constatons qu'il est de 3 euros de service pour 1 euro de licence", précise Jérôme Bricout. "Dans les années 90, il était plutôt à 5 à 6 pour 1. Les nouvelles méthodologies de projets et l'effet agilité sont pour beaucoup dans ce rééquilibrage, même si le service demeure conséquent aujourd'hui. Nous ne sommes toutefois plus sur des systèmes monolithiques, mais sur des solutions plus flexibles, fonctionnant sur un principe d'itérations".
 
Rappelons que le fil rouge de cette matinée était l'ERP en tant que vecteur d'innovation. Et en la matière, au-delà du cloud, qui pour Pierrick Besnet, de 4CAD, un intégrateur très orienté industrie (CAO, PLM et IoT), "est obligatoire pour pouvoir bénéficier des nouvelles technologies", l'innovation passe sans surprise par l'IA, l'analytique, l'IoT ou encore la servicisation (possibilité de générer de nouvelles sources de revenus en proposant des services relatifs au produit "historique", comme la location de pneus pour un fabricant comme Michelin). "Mais l'ERP doit aussi être plus accessible et 'funky'", estime Céline Bayle, directrice des solutions enterprise market pour la région Europe du Sud chez Sage. "Il doit participer au bonheur au travail et contribuer à retenir les talents en répondant aux attentes notamment des millenials, qui veulent le même 'look & feel' et la même ergonomie que les outils qu'ils utilisent chez eux. Il faut que l'ERP permette une collaboration transverse et simple d'utilisation. En effet, dans un monde en perpétuel changement, on ne peut pas se permettre de former les intérimaires et/ou des saisonniers, qui par définition ne sont présents dans l'entreprise que pour un temps limité, pendant trois semaines à l'ERP". Eh oui, véritable kaléidoscope, l'ERP, sa mise en œuvre et son utilisation, présentent de multiples facettes.

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