EDITO - BPMN : l'Esperanto du BPM et du BPA

Essentiellement constituée d'un ensemble de symboles graphiques, la norme internationale BPMN (Business Process Model and Notation), en principe facile à comprendre par tous les utilisateurs de l'entreprise, vise à rapprocher les notations utilisées par les divers outils de BPA (Business Process Analysis) et de BPM (Business Process Management) du marché. Autrement dit, BPMN se veut la langue universelle de la gestion de processus.
 
Créée en 2004, la norme BPMN a initialement été développée par la Business Process Management Initiative (BPMI), un consortium d'entreprises spécialisées dans le domaine de la gestion de processus. Depuis la fusion de la BPMI en 2005 avec l'Object Management Group (OMG), un autre consortium à but non-lucratif, c'est ce dernier qui a pris le relai. Après plusieurs versions successives, une version majeure, baptisée 2.0, a été lancée début 2011. Celle-ci a apporté de nombreuses nouveautés importantes, dont les diagrammes de conversation (c'est-à-dire la représentation d'échanges de messages) et les diagrammes dits de "chorégraphie", qui modélisent un comportement attendu entre divers participants qui interagissent. La version 2.0 apporte aussi de nombreuses fonctionnalités dans la spécification des événements. Depuis, la norme a encore évolué et la version courante, qui est la 2.0.2, date de 2013. C'est celle-ci qui s'est vu appliquer la norme internationale ISO/CEI 19510.
 
Le développement de la norme BPMN vise donc à aplanir les différences entre les diverses notations utilisées par les outils du marché, comme IDEF (ICAM Definition) ou RosettaNet, qui est basé sur XML, ou encore UML (Unified Modeling Language), langage de modélisation graphique lui-même conçu dans un souci de normalisation. Outre celles-ci, il existe des notations propriétaires, spécifiques de certains outils. Dans ce contexte, une notation commune ne peut qu'être bienvenue, car favorisant l'interopérabilité. Mais surtout, BPMN a l'ambition de fournir des outils de modélisation simples à utiliser et à comprendre. Elle s'adresse donc non seulement aux informaticiens et aux spécialistes mais aussi à tous les utilisateurs métier. 
 
La comparaison avec l'Esperanto qui, même s'il compte aujourd'hui des locuteurs dans 120 pays au monde, n'est parlé que par une toute petite fraction de la population, de l'ordre de quelques millions de personnes, s'arrête là. Car la norme BPMN, qui avec la version 2.0 a évolué vers un schéma d’échange standard basé sur XML, est d'ores et déjà largement implémentée dans les outils de BPA (Business Process Analysis - Analyse et cartographie de processus) et de BPM (Business Process Management - exécution de processus) du marché.
 
Le guide que vous pourrez découvrir dans la présente édition de L'Œil Expert, récemment réalisé par Muriel Guénon, analyste chez teknowlogy Group, détaille les principaux éléments de modélisation de cette norme et explique en quoi elle est aussi tournée vers les fonctionnels et les experts métier. À l'issue de sa lecture, pistes, corridors et autres éléments comme les différents types de diagrammes n'auront plus de secret pour vous.
 
Notez par ailleurs que c'est demain que teknowlogy Group vous convie au Palais Brongniart (ex-palais de la bourse de Paris) pour la matinée dédiée aux grandes tendances de la "data intelligence". Au menu, après un panorama général de l'analytique dressé par Emmanuel Lartigue, consultant et analyste, Laurence Dubrovin, également consultante et analyste, expliquera comment les outils analytiques avancés se mettent au service de l'innovation. Et pour clore la matinée, David Gautier, senior consultant, évoquera le mix des données et de l'Intelligence Artificielle (IA), qui selon lui est la combinaison gagnante pour automatiser l'analytique.
 
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