EDITO - De la donnée « bête » à la donnée « intelligente »

La donnée est au cœur de la transformation numérique ; la donnée est l'or noir du XXIéme siècle... ces poncifs éculés nous feraient presque oublier qu'ils recouvrent pourtant une réalité et une démarche bien actuelles pour les entreprises, qui tendent de plus en plus à devenir « data driven ».

À l'occasion d'une récente table ronde sur l'état de l'art des DSI en France et à l'international, une analyste constatait qu'il « y avait eu un mouvement très net des entreprises en direction d'une orientation vers la donnée, ces six derniers mois à un an ». Et d'ajouter « qu'elles font migrer les applications héritées vers le SaaS ». Il y aurait donc un lien entre « orientation vers la donnée » et « SaaS et cloud » ? Certainement, car l'une des facettes de l'orientation vers la donnée, c'est l'exploitation de sources multiples, notamment extérieures à l'entreprise. Et quelle architecture peut mieux que le cloud répondre à ce besoin ?

Parce qu'avant ce mouvement on était nombriliste et l'on conservait jalousement ses données au sein de l'entreprise, à l'instar de bijoux dans un coffre-fort. La donnée était alors inerte et « bête », puisqu'elle attendait là stupidement qu'on vienne la solliciter. Ce que l'entreprise ne faisait d'ailleurs pas toujours, voire pas du tout : les chiffres varient selon les analystes, mais ils estiment généralement qu'une faible partie - de l'ordre de 10 à 30% - des données stockées par les entreprises sont réellement exploitées. Autrement dit, de 70 à 90% des données des entreprises ne serviraient pas à autre chose qu'à occuper un onéreux espace de stockage.

Et pourtant, tous les acteurs et les observateurs du marché s'accordent à dire que la donnée constitue désormais l'un des principaux actifs des entreprises, même si elles n'en ont pas encore toutes pris conscience. Alors comment, à l'heure de la recherche de rentabilité et de productivité à tout crin, de l'innovation et de la recherche de valeur dans un monde de plus en plus numérique et de plus en plus contraint par les délais, mieux exploiter ce capital dormant ?

La solution s'appelle le pilotage par les données.

Mais qu'entend-on par-là ? Il s'agit d'analyser les données à disposition de l'entreprise, structurées ou non structurées, internes ou externes, pour prendre des décisions et orienter sa stratégie. La démarche fait la part belle à l'inventivité et à l'innovation pour découvrir de nouveaux gisements de valeur et de nouveaux leviers de croissance. Elle suppose une adhésion et une implication de l'entreprise toute entière, en particulier des départements les plus concernés par l'analyse des données à des fins de prise de décision, comme, outre la direction générale, la finance, le marketing, le commerce ou le service client. Elle implique aussi de rapprocher et d'analyser des données que l'on considérait jusqu'alors comme sans rapport entre elles, des données issues de tout l'écosystème de l'entreprise et pas uniquement de son propre SI, comme des données de marché, de la concurrence ou des fournisseurs. Avec le développement de l'Open Data, c'est-à-dire de la mise à disposition des usagers de données publiques comme par exemple des données géographiques, économiques ou écologiques, il convient parfois de croiser celles-ci avec les données de l'entreprise pour prendre des décisions éclairées.

On l'aura compris, la démarche est stratégique, doit être impulsée par la direction générale et implique toutes l'entreprise, dont les collaborateurs doivent adapter leur tournure d'esprit et leur manière de penser. Mais pourquoi et comment piloter son entreprise par les données ? Le dossier de recherche intitulé « Construire une plate-forme analytique pour devenir une entreprise 'data driven' », que l'on doit à Laurence Dubrovin, analyste conseil expert BI, Big Data, CRM/CxM &MDM chez CXP Group, et que vous pourrez découvrir dans la présente édition, explicite les enjeux, les bénéfices potentiels de la démarche et la manière de la mettre en œuvre.

 

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