EDITO - Des difficiles relations entre David et Goliath

Les start-up font définitivement partie du paysage économique et le dynamisent. Elles font même désormais partie de la vision stratégique du gouvernement français : on se souvient de la déclaration du président Macron au salon Vivatech de 2017, selon laquelle il voulait faire de la France une "start-up nation". Il faut dire que le contexte est plutôt favorable à leur développement et leur multiplication ; la French Tech a le vent en poupe, portée par de nombreux investissements, étrangers notamment, mais aussi de plus en plus de groupes français.

Mais les relations entre les entreprises du CAC40 et les start-up peuvent un peu évoquer celles de David avec Goliath. Même s'il ne s'agit pas, fort heureusement, le plus souvent d'un combat à mort, ces relations ne sont généralement pas très sereines. Loin s'en faut. C'est en tout cas ce qu'expliquent Victor Crété et Olivier Rafal, analystes chez PAC France, dans un rapport de CXP Group intitulé "Digital CX & IOT - Relations entre start-up et entreprises : nos conseils pour passer du hiatus à la symbiose".

Pourtant, la collaboration entre ces Goliath, monstres patauds, difficiles à faire bouger, très structurés et hiérarchisés que sont les grands groupes, et les start-up, David agiles et lestes, est nécessaire, voire indispensable. D'un côté comme de l'autre on a bien compris l'intérêt d'une collaboration efficace ; Start-up comme grandes entreprises sont de plus en plus nombreuses à chercher à combler le hiatus entre les deux types de structures et à rechercher la symbiose. C'est ce que révèle en particulier le dernier rapport de la French Tech, qui affirme que les relations commerciales sont plus nombreuses. 45% de start-up avaient des projets commerciaux avec les grands groupes en 2017 contre 29 % en 2015. Mais il reste beaucoup de chemin à parcourir, les différences culturelles étant telles qu'elles constituent la principale pierre d'achoppement dans le bon déroulement de ces relations. Les start-up se caractérisent notamment par leur culture de l'innovation, une culture que n'ont pas toujours les grands groupes. Plus cette culture sera partagée, plus la communication s'en verra facilitée. Et plus les relations seront sereines et fructueuses. C'est ce que l'on observe par exemple chez les GAFA, à la pointe des interactions avec les start-up. Mais parfois, c'est David qui perd le combat et se fait littéralement avaler par Goliath-GAFA, ne serait-ce que pour éliminer un concurrent potentiel.

Le rapport de CXP Group évoqué plus haut propose un certain nombre de bonnes pratiques pour optimiser les relations entre les grandes entreprises et les start-up tout en permettant à ces dernières de se développer : modèle de relations, sourcing, transparence, adaptation des processus y sont évoqués par le menu. Découvrez ce rapport dans la présente édition de L'Œil Expert.

Les relations entre éditeurs d'ERP et entreprises utilisatrices peuvent aussi parfois ressembler à celles entre David avec Goliath, quand on songe à la taille et à la puissance de certains par rapport à une PME ; il suffit de lorgner du côté de Walldorf, par exemple... On comprend aisément que cela effraye certaines entreprises, qui cherchent à éviter le rapport de force et préfèrent des éditeurs de taille similaire à la leur pour construire une relation de partenariat autour de leur projet d'ERP. C'est en tout cas ce qu'elles disent, comme de nombreuses autres choses fort intéressantes, lorsqu'elles répondent à la grande enquête annuelle de CXP Group autour des ERP. Cette "ERP Survey" est la plus grande enquête de satisfaction des utilisateurs d'ERP et reste pour l'heure la seule en France. L'enquête 2018, cinquième du genre, est bouclée et ses résultats seront dévoilés publiquement dans le cadre des salons Solutions, à la porte de Versailles à Paris, le lundi 24 septembre à 17h30. Un événement à ne pas manquer.

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