EDITO - Des logiciels pour virtualiser toute l'infrastructure

L'agitation marketing autour des Software-Defined Data Center (SDDC) a été très forte, il y a quelque temps. Et même si elle est un peu retombée aujourd'hui, le phénomène a été tel qu'il a interpellé les analystes de CXP Group, qui se sont posé la question de savoir si cette technologie n'était au fond pas qu'un "buzzword", comme vous pourrez le découvrir dans un dossier de recherche intégré à la présente édition de L'Œil Expert.

Il faut dire que les bénéfices promis par cette technologie relativement récente qu'est le SDDC sont alléchants pour les organisations : capacités de traitement accrues, plus grande agilité, plus de souplesse dans les déploiements applicatifs, plus de sécurité, de performances et d'efficacité opérationnelle, le tout assorti d'une réduction potentiellement importante des coûts, ce qui dans un contexte de stagnation permanente des budgets informatiques et d'exigences croissantes des métiers est plus que tentant. Mettez-m'en une douzaine, SVP. Où faut-il signer ?

En réalité, comme en toute chose, cette technologie a aussi ses revers, à commencer par sa mise en œuvre pas toujours très simple. Et c'est un euphémisme : selon les auteurs du dossier de recherche, Wolfgang Schwab et Mathieu Poujol, une entreprise qui envisage de mettre en œuvre un SDDC doit s'attendre à un projet d'au moins 12 mois. Et les analystes de prévenir plus avant : "le projet, assez large et complexe, comprend la technologie d'un côté et processus, organisation, gestion, développement de talents et stratégie IT de l'autre".

Concernant la technologie, les acteurs proposant ce type de solutions encore émergentes ne sont pas légion sur le marché. Historiquement, on en dénombre deux, VMware et Openstack. Si ce dernier semble aujourd'hui très mature, il demeure un projet Open Source. Se pose donc d'emblée pour l'organisation la question de l'adhésion à la philosophie de l'Open Source et de son adoption. Si cette volonté n'est pas présente, VMware reste quasiment incontournable, même si d'autres acteurs proposent désormais des solutions plus ou moins abouties. Autre inconvénient de ce marché émergent et encore restreint, l'absence de standards internationaux, qui oblige à adhérer à la façon de gérer du fournisseur retenu.

L'idée directrice d'un SDDC est de virtualiser toutes les ressources physiques pour optimiser leur utilisation, qu'elles se trouvent dans le cloud ou non. Cela permet d'étendre les bénéfices de la virtualisation, au-delà des serveurs, à toutes les couches du SI et d'accélérer le déploiement des applications. Un SDDC se compose de plusieurs éléments, les deux principaux étant le Software-Defined Computing (SDC) et le Software-Defined Storage (SDS). L'objectif du premier est d'obtenir une couche unifiée pour les ressources de calcul et celui du second de gérer les différents types de stockage de manière cohérente. Si ces deux éléments sont désormais éprouvés et matures, d'autres sont apparus récemment, comme les SD-LAN et SD-WAN, qui permettent de gérer de manière sécurisée les connexions réseau virtuelles, ou les SDAS (Software-Defined Application Services), qui eux demandent parfois encore à mûrir un peu.

Le projet d'implémentation d'un SDDC ne se résume pas au simple déploiement d'un logiciel : il comporte de nombreuses étapes, à dérouler en séquence. Les deux premières, très astreignantes, consistent à consolider son parc logiciel et son infrastructure. Les autres aspects du projet passent notamment par la recherche et la mise à contribution de compétences spécifiques. Des compétences d'autant plus rares qu'elles sont pointues et arrivées récemment sur le marché. Et donc onéreuses. L'automatisation des processus apporte une partie de la solution pour éviter d'avoir à trop recourir à ces ressources.

En conclusion, vous vous en doutiez, s'ils posent la question, les auteurs du dossier ne pensent évidemment pas que le SDDC soit juste un "buzzword", mais que cette technologie est là pour durer, notamment parce qu'elle constitue une planche de salut pour des SI qui se doivent de devenir de plus en plus adaptables et simples à gérer. Malgré les inconvénients - de jeunesse ? - de la mise en œuvre, que nous avons synthétisés ci-dessus, ils estiment que le jeu en vaut largement la chandelle. Alors bonne découverte.

Pour en savoir plus sur ce domaine

CLOUD COMPUTING - Le software-defined datacenter n'est-il qu'un buzzword ? - Dossier de recherche
 

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