EDITO - Quand IoT rime avec simplicité et innovation

CXP Group a mené en 2017 deux études sur l'Internet des Objets (ou IoT : Internet of Things) qui montrent l'intérêt des entreprises pour ces technologies et qui prévoient notamment d'augmenter leurs budgets dans ce domaine. Mais que vont-elles donc faire de ces budgets ?

« Avant de vouloir faire un PoC ou un projet pilote, il est nécessaire d'étudier l'intérêt économique et fonctionnel d'un projet IoT », soulignait l'un des intervenants dans une récente table ronde sur le sujet des étapes indispensables aux projets IoT. La précision est d'importance tant il est vrai que les très beaux projets, menés à grand renfort de budgets pharaoniques par de grandes entreprises, y compris françaises, et qui n'ont débouché que sur des services inutiles et inutilisés, ont été nombreux de par le passé. Nous ne donnerons pas de noms ici, mais ces projets sont connus dans le microcosme de l'IoT et ceux qui y ont été impliqués se reconnaîtront. Aujourd'hui, ces projets sont à ranger au rayon des actions des pionniers, car l'IoT a gagné en maturité et aussi en simplicité.

36 milliards d'objets connectés à Internet d'ici 2030, nous prédit iDate Digiworld, un institut spécialisé notamment sur les marchés des télécoms et de l'Internet. Et de préciser que « le marché de l'IoT est tiré par les applications industrielles alors que les applications grand public tardent à décoller ». Ainsi donc, le B2B serait en avance sur le B2C en matière d'IoT ?

C'est fort possible. L'analyse PAC « CxO 3000, France » confirme en tout cas qu'en France 55% des entreprises considèrent l'IoT comme un sujet important et que 27% d'entre elles prévoient d'augmenter leurs dépenses dans ce domaine dans les deux ans qui viennent. Et l'autre étude CXP Group mentionnée ci-dessus, menée quant à elle au niveau européen, sur l'usage de l'IoT dans le domaine de la fabrication industrielle, illustre les domaines impactés par cet usage, aussi bien au sein des entreprises qu'à l'extérieur. Et ils sont nombreux, aidés en cela par la plus grande fiabilité et la plus grande autonomie des capteurs, leur plus grande diversité, allant des simples contrôles de niveaux à la mesure de constantes physiques ou chimiques ou à l'analyse du milieu, les rendant « intelligents » et permettant une plus grande inventivité des utilisateurs, que ce soit pour créer de nouveaux services ou pour améliorer des services existants.

« L'IoT peut être simple si le modèle économique est parfaitement défini », expliquait Marc Coussens, fondateur et dirigeant de la PME lyonnaise Sorepol, lors d'une autre récente conférence. Spécialisée dans le traitement et la valorisation d'effluents industriels, cette entreprise d'une trentaine de personnes a développé un capteur permettant de mesurer la pollution de l'eau par des produits surnageants, le plus souvent des hydrocarbures, et ainsi de surveiller à distance les installations de traitement des eaux. Cela lui permet de planifier, de rationaliser et de limiter les opérations de maintenance et par là-même de réaliser des économies substantielles, toutes choses venant en complément de ses canaux d'interaction traditionnels avec ses clients. De son propre aveu, Marc Coussens non seulement ne connaissait rien à l'IoT avant ce projet, mais ce domaine lui faisait même un peu peur. Bien épaulé par un partenaire efficace et spécialisé, le succès du projet a néanmoins été au rendez-vous, pour la plus grande satisfaction du dirigeant.

Ainsi, l'IoT n'est-il plus l'apanage des grandes entreprises et les PME ou les collectivités locales de taille modeste y ont-elles accès et peuvent y faire montre de leurs capacités d'innovation. Intitulé « L'IoT, accélérateur pour le développement de services innovants », le dossier de recherche que vous allez découvrir (entre autres) dans ce numéro de L'Œil Expert, est émaillé de cas d'usage innovants, allant de la très connue initiative des « pneus de camions connectés » chez Michelin à des projets nettement plus confidentiels comme la mise en place de capteurs sur les arbres de certaines forêts de bois rares pour lutter contre le trafic, en passant par la smart city et la géolocalisation. C'est à tout cela que nos entreprises utilisent les budgets qu'elles allouent à l'IoT. À cela et à toutes les innovations qui restent encore à imaginer dans le domaine.

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