INTERVIEW de Denis Fraval, responsable ventes et ingénierie EMEA de Cloudera

« Les effets de la synergie entre Cloudera et Hortonworks apparaitront dès le second semestre 2019 »
 
La fusion entre Cloudera et Hortonworks, deux grands acteurs du Big Data est effective depuis le mois de janvier 2019. Les deux grands groupes se sont rapidement rapprochés : nouveau logo, regroupement des équipes dans des locaux de Palo Alto en Californie, redéfinition d’une stratégie marketing commune.

Pour (re)découvrir les offres d’Hortonworks et de Cloudera, technowlogy Group a rencontré Denis Fraval, responsable ventes et ingénierie EMEA de Cloudera, qui nous a présenté les nouvelles ambitions de Cloudera pour 2019, ce à l’occasion du salon Big Data de Paris qui se tenait les 11 et 12 mars.

Propos recueillis par Emmanuel Lartigue, Analyste Conseil, Teknowlogy Group

Bonjour Monsieur Fraval, pouvez-vous en quelques mots nous présenter les deux entreprises qui ont fusionné ?
 
Denis Fraval. Cloudera est une société créée en 2008 aux Etats-Unis spécialisée dans le développement de logiciels autour d’Hadoop. Hortonworks, éditeur fondé en juin 2011, propose aussi une plateforme de gestion des données basée sur Hadoop. Cloudera et Hortonworks ont fusionné au début de l’année 2019. La nouvelle entité est détenue à 60 % par les actionnaires de Cloudera et à 40 % par ceux de Hortonworks. Ces deux acteurs du Big Data fusionnent pour faire face aux défis futurs que sont le multi-Cloud Computing et l’Intelligence Artificielle.
 
Quelles sont les différences et les complémentarités de ces deux offres ?
 
D. F. Les deux sociétés sont de ferventes supportrices du modèle Open Source. Hortonworks est 100% Open Source et Cloudera utilise majoritairement des composants Open Source. Les deux offres sont complémentaires pour plusieurs raisons. Tout d’abord, comme nous étions très proches et souvent en concurrence lors des avant-ventes, nous avons très peu de clients en commun, environ 5%. Nous avons aussi progressé en France sur des marchés différents : banque et industrie manufacturière pour Hortonworks, assurance et télécommunications pour Cloudera. Chaque offre a aussi son domaine d’excellence, la Data Ingestion avec Hortonworks Dataflow, la Data Science et le Machine Learning pour Cloudera.
 
Quelles sont les prochaines étapes pour la société commune ?
 
D. F. La première étape sera de finaliser l’année fiscale et d’en redémarrer une nouvelle sur l’entité commune. Les équipes commerciales sont déjà réorganisées autour des nouvelles lignes directrices : tout d’abord préserver les investissements des clients en expliquant les prochains changements puis leur permettre de bénéficier du meilleur des deux plateformes.
 
Quelles sont les prochaines évolutions prévues sur les deux plateformes existantes ?
 
D. F. Les deux plateformes seront maintenues encore 3 ans. Les évolutions porteront en priorité sur l’intégration de nouveaux objets connectés (IoT), de nouvelles avancées dans le Machine Learning, et l’exploitation des processeurs graphiques pour accélérer les calculs (GPU). Pour les Data Scientistes, l’atelier de développement Cloudera Data Science Workbench va lui aussi évoluer pour être supporté par les deux plateformes. Le rythme des évolutions des deux plateformes restera soutenu : une version tous les 6 mois et des versions intermédiaires en fonction du développement de nouvelles fonctionnalités ou la nécessité de diffuser des correctifs de sécurité.
 
Les deux sociétés s’appuient sur des communautés Open-Source, qu’allez-vous décider avec eux ?
 
D. F. Les deux communautés cohabitent déjà sur des serveurs communs, des projets Open-Source communs et contribuent ensemble à l’écosystème Apache. La transition sera naturelle. Nous organisons régulièrement des rendez-vous pour informer et former nos ‘committers’. Les prochains évènements en Europe seront Dataworks Summit à Barcelone du 18 au 21 mars et Strata Data Conférence à Londres du 29 avril au 2 mai 2019.
 
La toute nouvelle plateforme issue de la fusion des deux entreprises, devrait sortir à la fin de cette année 2019. Pouvez-vous nous livrer quelques informations  ?
 
D. F. La nouvelle plateforme a pour nom temporaire Cloudera Enterprise Data Cloud Platform. Ce sera une solution entièrement redéveloppée avec comme son nom l’indique la priorité donnée au Cloud et à la complétude de la plateforme. Les autres caractéristiques seront présentées lors de notre évènement utilisateur la semaine prochaine à Barcelone au DataWorks Summit.
 
Merci Monsieur Fraval.
 
DataWorks Summit, le 19 mars 2019. Bonjour Monsieur Wim Stoop, vous venez d’animer la session d’ouverture du salon où plusieurs intervenants ont présenté les fondamentaux de la future plateforme ainsi que les possibles scénarios de migration. Pouvez-vous nous résumer les points importants ?
 
Win Stoop, Senior technical marketing manager for Cloudera. Le premier élément que je souhaite mettre en avant est que les plateformes existantes connaittront encore de nombreuses améliorations. Les clients qui souhaiteront migrer vers la nouvelle plateforme devront être pour Cloudera dans des versions CDH 5 ou CDH6, et pour les clients Hortonworks a minima sur HDP 2 ou HDP 3. Nous veillerons à ce que la nouvelle plateforme puisse fonctionner sur le matériel de l’ancienne plateforme, mais aussi récupérer les données et exécuter les applications développées sur les anciennes versions.
 
Concernant la nouvelle plateforme, nous allons placer de nouvelles fondations. La future plateforme devra accepter le plus grand nombre d’objets connectés possibles (‘Edge’), en résumé ne refuser aucun type de données. Nous renforcerons la couche de gouvernance (Data Catalogue, Schémas, Sécurité) pour une parfaite maitrise de ces données. Nous souhaitons que la nouvelle plateforme fonctionne aussi bien sur les Cloud privés, publics, qu’en mode hybride. La virtualisation ( conteneurisation) aussi sera un élément très important. De très nombreux composants seront Open Source afin de bénéficier des dernières innovations et des meilleures pratiques en cours. Enfin, comme le contexte des données pourra être très distribué, nous mettrons en place une couche centralisée d’administration et d’orchestration, afin de maitriser la complexité et la pluralité des implémentations (Altus Dataplane).
 
Deux entreprises françaises ont été récompensées lors du DataWorks Summit. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur leurs projets ?
 
W. S. Lorsque nous organisons des évènements en Europe, nous essayons de mettre en avant des projets menés par des entreprises européennes.
 
Dans le domaine bancaire nous équipons huit des dix premiers établissements mondiaux. Les projets portent souvent sur la conformité règlementaire, l’analyse des risques financiers et la prévention contre la fraude. Dans le cas du Crédit Agricole, nous avons récompensé une architecture technique. Basée sur Hortonworks Data Platform, la plateforme gère d’immenses volumes de données améliorant considérablement les processus liés à la gestion des risques financiers. L’entreprise a donc été nominée puis élue dans la catégorie Data Architect.
 
Dans le domaine des télécommunications, c’est plus simple, nous travaillons avec les dix premiers opérateurs dans le monde. Les problématiques autour de la fidélité et de la rétention Client ont été les premiers projets. Les nouveaux projets sont désormais liés à la supervision des installations et à l’usage des communications. Nous avons récompensé Orange pour son implication dans le développement et la mise au point des projets Open Source. Ils ont donc été nominés puis déclarés vainqueurs dans la catégorie Community Champion.
 
Merci Monsieur Stoop.
 
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