INTERVIEW de Julien Lépine, AWS EMEA Solutions Architect - « Amazon Web Services donne des super-pouvoirs aux développeurs »

A l’occasion de l’AWS Summit Paris 2019, qui se tenait le 2 avril au Palais des Congrès, teknowlogy Group s’est entretenu avec Julien Lépine, Specialist Solution Architect Manager EMEA chez Amazon Web Services. Une occasion pour rappeler qu’AWS est, depuis sa création, une plateforme privilégiée pour les développeurs du monde entier qui souhaitent utiliser les services de Cloud Computing à la demande.

Propos recueillis par Emmanuel Lartigue, Analyste Conseil, Teknowlogy Group

Bonjour Monsieur Lépine, pouvez-vous nous rappeler quelques fondamentaux d’Amazon Web Services (AWS)?

Julien Lépine. Amazon Web Services propose entre-autres des services similaires à votre Datacenter, mais sous forme de location et non d’achat. AWS propose donc de la puissance de calcul, des accès réseau, des espaces de stockage de fichiers, des bases de données, des logiciels sous forme de services, et des consoles d’administration. Avec AWS, les environnements informatiques coûtent moins cher à exploiter, évoluent à la hausse comme à la baisse en fonction des besoins du métier, et toutes les régions du monde sont accessibles par un simple clic.
 
AWS est aussi une formidable plateforme pour les développeurs d’entreprise comme pour les particuliers qui trouveront sur AWS toutes les ressources pour bâtir des applications modernes.
 
Pour ces développeurs, existe-t-il un langage de prédilection pour la plateforme AWS ?
 
J.L. Nous souhaitons laisser au développeur le choix de son langage de développement autant que possible. Sur AWS vous pouvez utiliser du Java, du JavaScript, du PHP, du Python, du Ruby, du Go, ou encore du .NET.  Les différents profils de développeurs - Web Développer, PHP et JavaScript, ou DataScientist, Pyhon ou ‘R’ – trouveront sur AWS l’ensemble des environnements leur permettant d’exploiter au mieux leur connaissance et d’accroitre leur productivité.
 
Le développement pour plateformes mobiles est en vogue. Que propose AWS ?
 
J.L. AWS propose de très nombreux assistants pour aider à la conception et à la livraison d’applications mobiles. AWS Amplify par exemple permet de créer, de configurer et de mettre en œuvre en toute simplicité des applications mobiles et web adaptatives. Amplify approvisionne et gère votre backend mobile, supporte iOS, Android, Web et React. Mais surtout Amplify va vous permettre de générer un package pour l’application et de travailler sur un niveau d’abstraction supérieur (par exemple à travers l’automatisation des API ou des accès bases de données) à un niveau plus descriptif que programmatique.
 
Enfin AWS Device Farm propose un service de test entièrement géré pour vos applications iOS et Android. Le développeur n’a plus qu’à déposer son scénario de tests et son livrable - APK pour Android Package ou IPA pour iOS App Store Package – et Device Farm va automatiquement exécuter pour lui le test sur une centaine de plateformes mobiles différentes. Tous les clics et toute la traçabilité des actions seront enregistrés. Le développeur peut ainsi facilement identifier une fonction incompatible avec un smartphone particulier.
 
Quelle est actuellement l’innovation qui devrait intéresser tout particulièrement les développeurs ?
 
J.L. Je pense que les développeurs devraient s’intéresser aux architectures Serverless. C’est une révolution dans la manière de concevoir et de faire s’exécuter une application informatique. Une fois que le développeur a identifié que son application est compatible avec le modèle économique du Serverless, une consommation à l’usage pour un usage erratique, il doit forcément s’intéresser à AWS Lambda. Plusieurs de nos clients ont déjà réalisé des applications de ce type. Par exemple Aramisauto a mis en place une solution de supervision en temps réel des parcours clients qui viennent interroger leur Datalake de plusieurs centaines de tera-octets de données. Euler-Hermes, le numéro un mondial de l’assurance-crédit, a déployé des algorithmes prédictifs qui fonctionnent en Serverless. Les étudiants dans les écoles informatiques, comme par exemple les deux lauréats de notre Challenge sur l’innovation sociétale, se sont appuyés sur les architectures Serverless afin de se concentrer sur la spécificité métier de leur innovation et non pas sur l’infrastructure sous-jacente.
 
Plusieurs offres sont aujourd’hui disponibles à l’essai sur AWS. Pouvez-vous donner aux développeurs quelques idées pour se lancer avec ces nouvelles offres ?
 
J.L. Je conseille de regarder de plus près le service Amazon SageMaker, une solution de Machine Learning qui peut être couplée par exemple avec Amazon Mechanical Turk pour réaliser l’étiquetage automatique. Le projet gagnant du challenge étudiant de l’AWS Summit Paris s’appuie d’ailleurs sur Amazon SageMaker pour optimiser le ramassage des ordures. Il s’agit précisément de déterminer le niveau de remplissage des bennes à ordures en libre-service afin d’optimiser les tournées des camions récupérateurs. Tous les projets s’appuyant sur des mécanismes de ‘Computer Vision’ peuvent exploiter Amazon SageMaker pour bâtir leurs modèles d’apprentissage.
 
Une autre offre AWS RoboMaker , 25 heures de Simulation Unit offertes, a été présentée sur le salon à travers le challenge  AWS DeepRacer. AWS RoboMaker permet de développer, tester et déployer des applications robotiques intelligentes. Couplée à la reconnaissance d’image de SageMaker, l’application numérique devient une réalité physique.
 
Enfin notre offre d’essai d'AWS Lambda, soit 1 million de requêtes gratuites par mois, permet sur le modèle du Serverless, de bâtir une application servant des milliers d’utilisateurs comme par exemple un mini réseau social ou un système de notification d’alertes qui se déclencherait en réponse à un évènement sur un backoffice.
 
Toutes ces offres d’Amazon Web Services apportent en quelques clics une dimension internationale et des super-pouvoirs aux développeurs. 
 
Merci Monsieur Lépine.
 
Note de l’analyste :
Serverless, "Sans serveur" en français, est une offre des fournisseurs de Cloud pour décharger les développeurs de l’administration des machines, peut être le successeur du DevOps, le NoOps. Chez AWS ce service s’appelle AWS Lambda.
Les tâches d’administration des serveurs physiques sont disponibles sous forme d’APIs comme par exemple "Créer/Modifier/Supprimer un utilisateur", "Ordonnancer des traitements", etc.. 
Les développeurs doivent découper leur application selon un ensemble de fonctions. Chaque fonction est lancée par un évènement : une requête http venant d’un site Web, un trigger dans une base de données, la modifications d'objets dans un bucket Amazon S3,…
Le service est facturé selon l’utilisation de ces fonctions. Si aucune fonction n’est exécutée, rien n’est facturé. Cette offre s’appuie sur des microservices qui peuvent facilement évoluer verticalement (auto-scaling).  
Les développeurs sont ainsi déchargés de la mise à jour des OS des serveurs, du déploiement de l’application, de la gestion du stockage, de la répartition des charges (load balancing) et de la configuration du réseau. Outre l’économie sur l’achat des serveurs et l’exploitation de la plateforme, des gains substantiels sont réalisés lorsque le développeur optimise le temps d’exécution de son code, ce qui se répercute immédiatement sur le coût du service.

Commentaires

Publier un nouveau commentaire